-Tu peux arrêter ta musique
- Non.
- Tu peux arrêter ta musique s'il te plait?
- Non, vraiment, c'est Oromocto Diamond, ils font des albums concepts genre 5 en 18 mois et tout parle d'une ville défoncée par un météore et dont le sous-sol regorge de diamants.
- Putain, j'ai fait 45 minutes de bus pour venir chez toi.
- Je t'ai rien demandé.
- Heun. Je t'ai demandé si ça te dérangeait que je vienne! Tu m'as dit que non et que je pouvais venir.
- C'est vrai.
- Ben occupe toi de moi maintenant.
- Ça ne me gêne pas que tu viennes mais ça ne te donne pas le droit de m'emmerder quand j'écoute Oromocto Diamond.
- Mais
- Ça ne me gêne pas que tu viennes mais ça ne te donne pas le droit de m'emmerder.
lundi 7 décembre 2009
Bravo la vie
Publié par
Miam
à
07:55
Libellés : bus, oromocto Diamond
lundi 9 mars 2009
Pour aller dans l'est
Comme cette fille qui était super bien sapée dans le bus l'autre jour, jean blanc skinny, Nikes Dunk grises et gros blouson avec des biches dessus. En fait c'était une crackhead de trente/cinquante ans et elle avait surement que ça comme habits depuis 1994, ironique hein. Les gens dans le bus sont souvent moches. Et le métro est irrespirable trop chauffé et trop poussiéreux. Les filles du bus sont jolies des fois aussi, elles sont mélancoliques je crois, elles regardent par la fenêtre et pensent à la télévision qu'elles vont regarder en arrivant chez elles. Des fois je me dis que je vais les raccompagner. Une fois, une des filles du bus est venue me donner son adresse msn, elle était super bonne et j'avais un polo Lacoste. Mais après elle avait 16 ans et je voulais pas d'emmerdes (d'autant que c'est galère pour baiser des mineures et pour quel résultat?). Je prends souvent le bus, une ou deux fois par jour, je sais que des gens le prennent encore plus souvent.
jeudi 26 février 2009
Une bonne semaine.
La fille s'appelle Caroline, elle a déjà pété une dent à une fille qui l'avait appelé "Caro", elle déteste les surnoms comme ça. Elle arrive en courant quand on débarque du bus, elle est super contente de nous voir enfin en vrai, nous aussi. Elle va nous montrer la ville, tourisme le jour et puis sorties la nuit, ça bouge beaucoup ici visiblement. Elle nous demande si on est plutôt rock ou électro, on répond on est les deux, je rajoute "mais pas de musiques du monde", elle dit "ok" en riant alors que c'était pas du tout drôle. D'abord, on va aller manger des crêpes si on a faim. On a faim? Oh oui, on a faim, le voyage était interminable et puis le bus vraiment inconfortable, alors des crêpes ça sera parfait. On tire nos valises jusqu'à sa Toyota, et on part. Elle va faire un tout petit détour pour qu'on voit un joli panorama, on est ok. C'est joli. En roulant on apprend à mieux se connaitre, elle nous explique que pendant la semaine on pourra dormir dans le sous-sol, sauf le premier soir où on dormira dans sa chambre parce que ses colocs hébergent des gens. De cequ'elle en dit, ses colocs ont l'air supers, genre artistes, genre drôles. Ils se sont rencontrés aux Beaux-Arts, y'en a qu'un qui a continué. Maintenant elle fait du cinéma, enfin de la vidéo, elle a des projets, des clips, des trucs pour des magazines en ligne mais pas des webzines. Elle a un agenda surchargé ces temps-ci. On lui dit désolé de prendre de son temps et elle rit en disant que non au contraire, ça va être la meilleure partie de sa semaine, alors on est rassurés. Une fois arrivés à l'endroit où on va manger, on l'aide à faire un créneau difficile, on se fait des blagues et elle redit "je sens que cette semaine va vraiment être cool avec vous les gars". Les crêpes sont bonnes. Caroline sourit tout le temps, elle a l'air heureuse qu'on mange bien, elle nous remet d'office du sirop sur les crêpes, c'est sympa. Le soir on la baise à tour de rôle, c'est sympa aussi. Une bonne semaine.
Deux bonnes femmes et un latino
"Salut" je dis en entrant dans la pièce où se déroule la réunion. "Salut" me répondent quelques gens. Je trouve que c'est quand même un bon accueil. Un type, qui, je l'apprendrai plus tard, s'appelle Bastien, parle au micro. C'est du blabla assez chiant, il se plaint et cherche de la compassion, j'aime pas ce type de loser. Il fait le tour de la salle des yeux en parlant, quand il en arrive à moi je maintiens son regard jusqu'à ce qu'il se sente mal. Après on va manger du quatre-quarts en buvant du café et du jus d'orange. Pour discuter avec une fille à côté de moi je fais une petite blague, je sais plus exactement quoi, un truc sur "avec modération". Elle rit un peu, pas parce que c'est drôle, mais parce que ça craint de se retrouver à parler à personne quand on a un quatre-quarts à la main. Alors je lui dis "au fait, je m'appelle Sylvain", elle me répond avec son prénom suivi d'enchantée mais je suis plus sûr de son prénom. Nadège? On parle des difficultés qu'on a eu pour trouver la salle, moi je dis "aucune" et elle non plus alors j'en profite pour féliciter le réseau de bus qui est quand même bien pratique.
Ensuite un autre type monte sur l'estrade. C'est un latino, quarantaine fripée, du genre qui bosse comme cuistot dans une rôtisserie. Il est plus sincère que l'autre mais je crois que j'écoute surtout pour son petit accent: j'aime ça les accents. Lui, il a fait plein de réunions déjà et testé beaucoup de choses mais ça marche pas il dit, il dit "par moments je pense qu'on est condamnés". À ce moment là, une grosse femme qui organise lâche un "mais non Joël" entre choc et compassion. "Je m'appelle José" il lui répond. Et il continue de parler, et il explique que son boulot l'emmerde et qu'il comprend pas pourquoi au lieu de parler on l'aide pas à trouver un autre boulot parce que son boulot il le hait, et ça lui détruit la santé et le moral et qu'il peut pas faire sans parce qu'il a besoin d'argent pour payer son appart' et élever dignement sa fille. Une autre bonne femme monte sur l'estrade et lui prend le micro des mains en disant que l'important c'est de parler, qu'il faut en parler et que merci José. Lui, il avait d'autres choses sur le cœur, mais bon, c'est comme ça, tout le monde doit parler, tout le temps, tout le temps parler, s'exprimer, tout le temps, tout le monde, on pourra tous parler tout le temps pendant cinq minutes, il faut parler, il faut que ça sorte. José va se chercher un café et se rassoit au fond. La grosse femme chuchote mon nom à l'autre femme et l'autre femme dit "Nous accueillons maintenant Sylvain, venez Sylvain". Alors je monte.
