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dimanche 1 novembre 2009

Tous ensemble, tous ensemble

Mes blagues sur les chattes, les bières et les cortèges ne prenaient plus depuis que des morts avaient décidé de me voler la vedette. Enfin, techniquement, je n’avais pas la vedette. Les premières semaines, j’allais à des réunions avec toutes sortes d’amis mal habillés qui venaient se saouler à mort et baiser des morues. Je m'installais dans un coin, souvent avec des bières, des fois avec une bouteille de Jack et j'attendais que des marxistes lancent leur petit vocabulaire. Alors je gueulais, des fois sur le fond, des fois sur leurs dreadlocks. Je parlais des valeurs du rugby et conseillais aux filles de se laver avant de prendre la parole en public. Trois-quatre types qui étaient mes amis riaient, puis on s'en allait trainer dans les couloirs désertés des facultés en chantant des mots qui nous passaient par la tête. On faisait aussi des actions dans les rues au non des syndicats qu'on n'aimait pas. L'unef vous crache à la gueule ou Sud-Étudiant brule vos poubelles. Des gens voulaient nous frapper, on touchait les culs des filles, prime à la moins bien roulée, on était raide bourrés à 15h, j'en ai perdu ma voiture. Puis, parce qu'on avait lu des bouquins, on a rejoint le seul cercle des vrais types intéressant du coin. Je m'y taisais la plupart du temps. Je préparais mes phrases et je parlais de la révolution sans demain qu'on menait, de l'impossible gestion politique et du fait qu'il fallait s'en donner à coeur joie avant que des bonshommes décident que seule une autorité injuste pouvait avoir raison, ou au moins conserver sa raison. Les filles étaient toutes des étrangères, elles avaient des bombes dans la chatte et parfois dans leurs placards. Deux-trois types, revenus du chiappas ou de douteux squat à Varsovie ("là bas, il reste un vrai esprit squat tu vois") avaient le premier rôle. Ils refusaient de se laisser pousser les cheveux et les habits sales. Ensemble on pestait contre tout le monde et entre nous, il était entendu que nous seuls savions ce qu'il fallait faire. 33% des filles venaient pour le cul. Il y avait 3 filles. Au bout d'une semaine on s'est lassé de lutter ensemble pour lui passer dessus, on a fait ça une bonne fois pour toute et le groupe s'est explosé en deux parties. Une qui allait être amenée à faire du fameux, une autre, fumeuse, qui ira baiser ailleurs.

mercredi 26 août 2009

Révolution de ma chatte

Les manifestants crient "Liberté, liberté et liberté" pendant que Julie essaie de négocier de la beuh à son dealer. Le gars est déjà défoncé parce que c'est les occupations de bâtiments c'est avant tout une histoire de défonce sans fin. L'adrénaline des CRS permet juste de reprendre ses esprits avant de re-attaquer la bibine. Je l'abandonne avec son zombie et m'approche de la camionette CGT, depuis toujours ma préférée. Les types boivent des grosses Kros sur fond de Raggaeton, le DJ est assis sur une chaise de jardin fixée avec des vis à l'arrière. Depuis que j'ai 14 ans je marche entouré de gens qui expliquent que tel ou tel gars est foutu parce que la jeunesse est dans la rue et/ou que tel ou tel ministre, ta réforme, si tu savais, ta réforme où on se la mets. Aucune hésitation, c'est la révolution, depuis au moins 40 ans c'est la révolution, une révolution qui aboutit à de la kronenbourg et des bédos. Ça coince à un moment. Julie me rejoint, elle a obtenu un bon prix en faisant croire au mec qu'elle viendrait occuper ce soir l'antichambre du bureau du président de l'université. Les gars sont en chien, les deux-trois nanas qui d'habitude sont oks pour baiser, cf. moral des troupes ont décidé de devenir de droite cf. balance du pouvoir. C'est la dêche, du coup, les dealeurs du mouvement sont prêts à diminuer leurs bénéfices pour qu'ensemble on tienne tous le coup. J'avais essayé, je lui dis à Julie, j'avais essayé de rejoindre des types qui voulaient pas faire que des manifs, des types qui voulaient attaquer les responsables directement, qui voulaient trouver des alternatives aux défilés Sean Paul/Chips. Mais à la deuxième réunion, j'ai pigé que ces bonhommes voulaient quand même que ça se sache qu'ils luttaient, qu'ils voulaient quand même choper une nana ou deux dans l'affaire, ou parler à une tribune, ce qui souvent exprime le même désir. J'avais des problèmes de chattes à l'époque mais je suis parti à la fin de la deuxième réunion en promettant que la prochaine fois je m'occuperai d'acheter le pack de Koenigsbier, juré les mecs, juré les camarades. J'ai appris qu'ils avaient fini par faire une manif non autorisée avec un peu de casse de magasins style Zara et MacDonald et que six d'entres eux avaient été en garde à vue. Du coup, ils se sont retirés de Facebook, pour pas être surveillés par les R.G., malins. Je regrette juste parce qu'ils ont fini par baiser des nanas du mouvement ces mecs alors que moi je m'étais rabattu sur les filles accaparées par leur carrière professionnelle. Julie se retourne vers moi et me demande ce qu'on fait après. J'ai entendu parler d'un vernissage je lui dis, une fille qui détourne les codes du porno pour parler de la condition féminine, y'aura du cul, du vin et des pizzas végétariennes gratos, ça va être sympa aussi.

mardi 7 juillet 2009

(Ré)volution

Après le début des émeutes j'ai senti qu'il y avait des nanas à se faire.

mercredi 25 mars 2009

Les gens qui parlent dans les conférences sont des hippies

"Toutes ces grèves, toutes ces manifestations, ce bruit dans les rues de Paris... On crie, on chante, pour quoi? Des revendications sociales? Des salaires? Du travail? Non. Pas du tout! Pas. Du. Tout! Ce que chaque femme, chaque homme qui marche aujourd'hui c'est une revendication de l'essentiel qui s'exprime et que je ressens dans mon coeur, une revendication de l'expression, une revendication de poésie. Parce que c'est ça qui manque et c'est ça qu'ils veulent: de la poésie. Tout simplement".