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lundi 5 octobre 2009

Kastarabe.2

Un peu de vraie poésie maintenant.
"- Jeune fille tu vois, je n'étais que fatigué au début de la soirée mais là je suis content.
- ah
- Oui."

dimanche 30 août 2009

Poésie numéro deux mille

Coincé dans cette lecture publique et collective de la revue Po(é)sieVingtetUnième, j'écoute un type qui s'appelle Luc:
"Arrache toi de là au plus criss,
au plus pressé,
bouge tes grosses fesses celluliteuses de notre parc.
T'es pas des nôtres,
ta barbe dénote
d'un esprit criminel, qui es tu?"
Je quitte Paris bientôt, du coup je fais l'auteur jusqu'au bout. Une seule fille est potable dan
Puis on parle de francophonie. J'essaie de gratter des mini-pizzas et des trucs de rillettes mais c'est coton parce que Luc m'accroche la jambe.
"T'as detesté hein? J'ai vu que t'as détesté, ta fausse indifférence, tes regards dans le vide... Mais je peux comprendre, j'aime provoquer ce genre de (ré)action, j'aime (pro)voquer. Inciter à l'attaque c'est ma vie, provoquer c'est faire naître, c'est Vocare, appeler, et c'est Pro, devant, c'est faire venir, c'est l'action, le faire, la poïésis presque, ma poésie. Je l'ai bien vu que ça t'as touché, je travaille que sur ça, en (dé)faisant l'imaginaire pop que je (re)(com)pose, que je dé(com)pose. J'ai vu que ça t'as troublé et je vois que ça te trouble encore, et ça, ça, connaissant bien ton travail, ça me rassure. Parce que c'est une piste.
- Groumpch Fronch ouais ouais surement ouais groumpf crounch"

lundi 13 avril 2009

Je ne crois pas en la poésie

Dans le bureau de mon éditeur on est trois. Y'a moi, mon éditeur et son amie Florence qui travaillent à France 3. On parle de poésie, parce que mon éditeur veut que je sois un poète parce que je suis super fort il me dit. La Florence elle fait pas que France 3, elle est aussi dans la Culture et elle veut participer à ce projet. "Quel projet?" je demande. Et ils m'expliquent des trucs sur un ouvrage collectif et puis un événement et puis surtout un manifeste. Comme ça on viendra en groupe et on pourra être plus visibles. Je demande les noms des autres et je suis pas déçu, surtout parce que je les connais pas. Je connais rien au monde littéraire moi, je leur dis ça mais ils me disent "ahahah, t'es vraiment un sacré type toi, un sacré iconoclaste". Mais merde je leur gueule, merde avec un point d'exclamation à la fin même! Je suis pas sûr que je veux, et je veux pas être dans un groupe parce que je saurais pas quoi dire, j'écris parce que je veux pas travailler moi, pas pour être dans un groupe et écrire des manifeste. Après un café je me calme et ils m'expliquent que j'aurais qu'à le signer et que j'aurais pas à trop participer mais c'est dommage parce que j'ai vraiment une gueule et puis je suis un sacré type moi, un iconoclaste. Reste ce que je dois pondre. Pas trop trash ils me disent. Pas trop classique genre vers/rimes. Je dois être moderne. J'ai un flash à ce moment là, je leur dis "Est ce que je pourrais dire que je suis dans la tradition de la peinture figurative, est ce que je pourrais invoquer Velasquez et Manet et Degas?". Là ils sont éberlués un peu et puis Florence dis "Oui, enfin, oui oui". Et je rajoute "Et Jeff Wall?". "Oui, enfin, oui oui". "Alors c'est entendu". Ils sont bien feintés les cochons. "Mais ça donnerait quoi, parce que là je vois pas trop, ça serait comme ce que tu fais d'habitude?" "En pas trop trash?". Oui oui je leur réponds, ça serait peintre la vie moderne voilà, avec des mots qui font des images qui sont la vie avec moi dedans un peu mais surtout la vie. Comme si j'écrivais
C'est le filtre
De mon temps perdu
Ça s'effile et
Je m'enfile des perles brutes
Une par une
Plop par heure
Que me disent les gros chiffres rouges
De mon cadran qui bipe
Bip par heure
Plop par bip
Jusqu'au bout du collier
Jusqu'à la prochaine journée.
Florence se demande à haute voix si c'est pas trop trash, Mon Éditeur lui repète encore un "Ah ce type est formidable! Il est formidable! Ça t'arrive comme ça alors? Écoute c'est formidable!". Et moi je dis oui et j'espère que je serais bien payé pour ça.

mercredi 25 mars 2009

Prout

J'ai rendez vous avec la fille de mon éditeur pour lui parler de mes nouveaux poèmes.
"Joue mon jeu, je m'en fous, je m'ouvre les bijoux".
Elle me demande si c'est un haïku, je lui réponds que peut être. Elle est assez sympa comme fille, pas mon genre, trop prépa. Et puis c'est la fille du type qui me donne de l'argent et il ne faut jamais, j'ai dit jamais, coucher avec la fille de la personne qui te nourrit. Tu vois c'est un peu incestueux comme truc.
"Tu me suis
Tu me suces
Nous suons
Sur les rythmes latinos".
Non, là j'en suis sûr c'est pas un haïku que je lui dis. J'avais commencé un énorme poème sur l'amour entièrement en 3-3-3-7 mais j'ai arrêté vite parce que je buvais en même temps et que je me suis retrouvé ivre à la fin de la première partie qui parle des amours qu'on connait entre 30 et 40 ans. Si je me rappelle bien, je me suis endormi ce soir là en regardant des Simpsons que je connaissais déjà par coeur.
"Dans tes yeux
Je le vois
Brille encore
L'amour de nos vingt ans".
La fille est impressionnée, moi je me contente de manger ma salade de crevettes en hésitant à prendre un autre verre de Tariquet. Elle a 17 ans elle me dit. Elle a écrit des poèmes et elle a honte de me les lire maintenant. Je lui dis qu'elle a bien raison en espérant que surtout elle me les lise pas parce que je sais pas du tout cacher l'effroi quand j'écoute des gens lire des poèmes nuls. Même mes poèmes je les hais pour être franc. La poésie, j'ai toujours considéré que c'était le terrain des lopettes et si je m'y suis mis, c'est surtout que pour chier 150 pages de pouin pouin et de ouin ouin en vers qui riment c'est plus avantageux que 150 pages de vrai texte: plus d'espace, moins de lettres pour une paye identique. Je vais prendre un autre verre de Tariquet.