dimanche 17 mai 2009

Le prix du parpaing

Kiloutou c'est sur la nationale, je vais louer une bétonneuse et je fais murer les fenêtres ou faire un mur autour de la maison, je sais pas encore, ça va dépendre du prix du parpaing, et ça, le prix du parpaing, j'y connais rien.

Tête rouge

Ahah je m'en fous, si tu me quittes je me tuerais, je sauterais d'un pont très haut, comme le Viaduc de Millau qui culmine à 270 mètres, je me suis renseigné. Et j'hurlerai que t'es qu'une pute, j'aurais le temps vu la chute et en tombat j'exploserai en petits morceaux qui écraseront le camping d'en bas et ma tête atterira sur les sardines d'un couple de retraité de Salzbourg et le reste sur les Ford Taunus des fanatiques de ponts. Et les touristes diraient que j'ai gâché leurs vacances mais en fait ce serait toi qui aurait gâché leurs vacances et ils le comprendraient et ils décideraient de camper dans ton jardin pour te punir et c'est ça que tu veux toi des allemands et des hollandais grassouillets dans ton jardin? Ils feraient griller des sardines en jouant mal aux boules et en buvant du rosé dégueulasse et de la grosse bière trés fort. C'est ça que tu veux? Et les allemans mettraient ma tête cramée sur une pique en face de ta fenêtre pour que tu te rappelles que déconner avec les vacances de descendants de Menguele c'est vraiment une idée à la con.

Je m'en fous de toutes façons, si tu m'appelles plus, t'es rien pour moi, ahah, t'es rien! Mais si tu m'appelle plus, je retiendrais ma respiration comme Pépé, le fils de Soupalognon y crouton olé! dans Astérix en Hispanie et puis si je meurs ça sera sur ta conscience ça t'apprendra à être une salope à coucher à droite à gauche pour un oui ou pour un non et à pas m'appeler quand on doit s'appeler. Et ma tête explosera, d'abord les petits vaisseaux, plip plop et après tout le cerveau, ça fera mort cérébrale et y'aura une enquête et le commissaire te soupçonnera en premier parce qu'il aura l'habitude des crimes passionnels et il appelera son contact à la Dépêche du midi et le mec fera un gros titre du style "Assassinat cérébral: la fiancée n'appelera plus jamais" et on retrouvera ma tête toute rouge sur la moquette et la flaque de sang sera en forme de coeur et le commissaire allumera sa pipe en disant "voilà une affaire réglée" et tu finiras en prison à devoir coucher avec tes compagnes de cellules qui seront grosses et membres de gang latinos et tu devras exprimer ta peur en espagnol et ça les fera bien marrer les grosses chicanas que t'aie peur, toi, alors que tu m'auras tué cérébralement, même que le mec de la Dépêche aura eu le Pulitzer pour la façon avec laquelle il avait rendus les détails et les raisons profondes de mon assassinat.

Ahah, tu m'appelles toujours pas alors que tu m'avais bien dit "je t'appelle demain sans faute" et je t'avais fait répéter le "sans faute" une fois pour être sûr et une autre fois en faisant comme si c'était une blague alors que c'était pour être encore plus sûr. Mais non, le téléphone sonne pas. Alors je m'en fous tu sais, t'es pas la seule fille du monde, y'en a plein des prostituées, et puis j'ai encore mon livret jeune plein, j'y ai jamais touché, 1900 euros et quelques y'a dessus, mon papi m'avait donné 1500 pour m'acheter une bagnole mais je vais plutôt prendre tout cet argent pour coucher avec des putes jusqu'à ce que j'ai le SIDA et après j'irais au Sidaction et je t'accuserais toi de me l'avoir refilé et Clémentine Célarié me roulera une pelle et lancera une intifada contre toi et des tas de gens viendront te buter et t'auras plus qu'à fuir, faudra que tu courres et que tu te caches et tu finiras pas aller dans les pays de l'est et là laisse moi te dire que tu vas comprendre ce que c'est l'Europe et des types te prostitueront de force et tu seras dans le doute sur ton SIDA et ils t'enverront tapiner à Antibes et là une meuf te reconnaitra parce qu'elle sera une fan de Clémentine Célarié et elle appellera son mac qui te fera la tête au carré, il va te chauffer les oreilles ça je peux te le garantir et ce sera un monde de souffrance qu'au fond je te souhaite pas mais tu m'appelles pas alors que tu l'avais dit pourtant, putain, tu l'avais dit "sûr" au moins trois fois. Tu l'avais dit.

Et puis rien à battre si tu m'appelles pas, je vais venir te voir à la boutique, peut être que c'est parce que t'as mal noté mon numéro, ce sont des choses qui arrivent et j'aimerais pas m'emballer pour rien, c'est pas mon caractère, je suis un garçon calme, j'ai une majorité de sang indien, pas peau rouge, indien d'Inde dans les veines et les indiens ont inventé le yoga alors tu vois, je sais rester cool.

mercredi 13 mai 2009

La vaisselle

La vaisselle à la limite vaut mieux la faire au fur et à mesure, sinon on a tôt fait d'être débordé et alors c'est la merde.

Message du 7 avril

Ouais Jérémy, c'est Sylvain Martet, pas le vrai, l'homonyme, je pourrais pas venir au barbecue ce soir parce qu'il faut encore que j'aille rejoindre l'autre meuf je ne sais où là alors que je pourrais être peinard à glander à la lune tout ça sous le prétexte que c'est elle qui me nourrit avec son gros chèque de salaire que lui donne son patron italien ce qui me gonfle. Donc on se voit une autre fois. Désolé pour la syntaxe de ce message, je suis mauvais sur les répondeurs. Tchao.

lundi 4 mai 2009

Malaise

Je sous loue ma chambre à un homosexuel, malaise.

vendredi 1 mai 2009

Mario 3

On arrive pas à finir Mario 3 ce jeu est comme sans fin parce que chaque fois qu'on gagne on passe dans un tunnel et après on est emmerdés parce que ça continue derrière le tunnel. J'essaie d'expliquer aux autres ma théorie sur les fantômes qui sont dans les châteaux et les bateaux mais personne ne m'écoute. Finalement je la raconte à Julie qui se marre parce qu'elle est bon public et que j'ajoute que j'ai encore rêvé qu'on baisait. Je pense que Mario est plein de petits trucs vraiment bien pensés et vraiment très fin mais que l'idée générale c'est de prendre du fun sale dessus. Je dis ça à Julie qui me regarde d'une façon vraiment dégueu. Elle me demande si je veux aller regarder un film chez elle. Je sais qu'on va baiser, l'expérience m'a prouvé que la grande majorité des filles n'en ont rien à foutre des films, elles veulent qu'on se colle tout le temps, elles arrêtent pas de vouloir du sexe.

mercredi 29 avril 2009

Mon CV

À 19 ans j'étais un Artiste. La seule expo que j'ai faite c'était un truc collectif. Ça aurait pu vraiment être magique, genre nouvelle école, cf. Respect. Mais tout a foiré parce qu'on avait laissé des hippies de merde à l'organisation, parce qu'on voulait rien organiser, rien suer, parce qu'on préférait boire des bières en essayant de se choper avec les autres Artistes dont des meufs dont une avec des nichons hallucinants. Du type qui te causent des soucis de santé à 27 ans mais qui te transforme en ruche à bite à 20. Elle avait 20. Je l'ai pas chopée mais je lui ai tripoté un max ses nichons et ben ça m'a bien plu. Notre credo à deux-trois c'était de faire des moules de choses et de remplir une pièce de ça. Moi j'avais opté pour des pigeons en train de baiser. Très galère à trouver. En fait j'avais reconstitué avec un pigeon mort et un empaillé. C'était vraiment dégueulasse. Quand on est venu installer on a été atterrés par les trucs des hippies, c'était plein de photos retravaillées sur photoshop et d'installation vidéo numériques pourries qui parlaient de l'identité et des nouvelles technologies. Alors pendant le vernissage ça a été pas mal un scandale, on a essayé de décrocher leurs trucs et mon amie Catherine s'est pris un pain dans la tronche et la bière était dégueu parce que bio-équitable et on s'est poché la gueule quand même mais en faisant la grimace. Après j'ai arrêté l'art et j'ai voulu faire du droit.

Des hauts plafonds

L'amie est dans un canapé géant, un canapé sur mesure pour son appartement qui a des très hauts plafonds. Elle écoute de la pop avec des synthés et a constamment à côté d'elle un petit synthé sur lequel elle rajoute des solos qui ne sont pas sur les morceaux originaux. Ça la détend, c'est agréable. La plupart des solos en fait ce sont des choses faciles à faire, il suffit de s'entrainer beaucoup et on pige quelles touches marchent avec quelles touches et après ils suffit de pianoter et c'est bon. Je viens prendre conseil, je la regarde gravement et je lui demande:
"- Est ce que je dois partir?
- Oui tu le dois"
Je lui dis que je pige sa réponse et après on parle de choses et d'autres, de garçons notamment. Ma meilleure amie aime les garçons, elle et moi on s'est tripotés une fois quand elle vivait au Royaume Uni, j'étais allé la voir pour visiter mais tu parles Charles j'ai surtout visité sa chatte. C'était sympa. Mais là elle est tannée des garçons parce qu'ils commencent à devenir des hommes avec du travail, des bagnoles, puis des horaires et des projets. Elle ça l'emmerde. Les autres, ceux des garçons de 25 ans qui sont pas comme ça, sont des drogués ou des losers qui foutent rien et les plus jeunes sont trop jeunes et ils veulent des meufs avec des culs fermes et des peaux impeccables.
"- C'est con, je lui dis, c'est con parce que ta peau est vraiment impeccable
- Je sais bien, qu'elle me répond du tac au tac, je sais bien mais c'est comme si ça se voyait pas
- C'est parce que tu passes trop de temps en intérieur
- Tu crois?
- Ben oui t'es blanche/jaune, il faut sortir plus
- Je peux venir avec toi si tu vas dans le sud?
- Ouais tu peux
- Ah ben c'est chouette".
J'ai convenu avec elle de venir la chercher au moment de mon départ et dans le même temps j'ai pas convenu du moment de mon départ.

Patrick pas partir

Partir pas partir c'est le dilemme. Je vais chez mon ex qui est aussi ma meilleure amie, elle a eu pendant longtemps des sacrés troubles de la personnalité alors elle est vraiment drôle. Des fois ses yeux sont bovins et ça me fait marrer mais on sent qu'une partie d'elle souffre à cause de ça. C'est en partie les médocs qui l'ont tuée comme ça, des trucs pour qu'elle garde les pieds sur terre. Mais c'est qu'en partie. L'autre partie c'est les gens qui lui disaient qu'elle était tarée. Elle l'était vraiment mais du coup ça la fait douter sur ce qu'elle dit ou fait au quotidien. Ça se comprend mais c'est handicapant. J'avais un ami qui était un peu comme ça au lycée, mais lui c'était une affaire de politique. Il était "original" sur ce point là, c'était une sorte de républicain extrême du genre qui disait qu'il faudrait bien un jour les défoncer ces putains de libéraux. On s'entendait souvent sur plein de choses. Mais petit à petit il a arrêté de parler politique parce qu'il avait peur d'être pris pour un fasciste. Et puis après il a eu peur d'être devenu un fasciste. Il pouvait plus parler d'un sujet ou d'un autre sans expliquer pourquoi il n'était pas un fasciste et il citait toujours Emilio Gentile et ça devenait fou parce qu'il citait des passages entiers de ses livres et de livres d'autres dont j'ai oublié le nom et toujours pour expliquer qu'il n'était pas un fasciste. Alors pour déconner on lui disait des fois "alors t'es quoi? T'es un nazi c'est ça?" et ça le rendait malade. À force il s'est trouvé une passion pour les fringues, surtout des polos vintage et il a une boutique Fred Perry et consors maintenant avec sa meuf. Ma meilleure amie elle parle quand même, mais elle cite personne et des fois elle me demande si ce qu'elle dit veut dire quelque chose et je lui dis oui ou non selon les cas. Je vais la voir parce qu'elle est de bon conseil mais elle habite à mille milliards de kilomètres de chez moi, dans l'est, j'y vais en bus, c'est plus rapide. Je vais rarement dans l'est, c'est trop plein de chômeurs, je les aime pas.

Excommunication

"-Vous allez le payer quand alors votre loyer? qu'elle me demande la proprio, madame Tia ou Taï je sais jamais.
- Bah je peux vous faire un chèque mais j'ai pas assez sur mon compte alors il sera refusé. Vaut mieux pour vous et moi que vous attendiez un peu, je sais pas moi
- Vous savez pas hein...
- Je sais pas moi, quelques jours.
- Encore quelques jours hein? Vous savez que des jours et des jours ça fait des semaines?
- Mais c'est parce que
- Cépasque, cépasque vous en avez toujours vous des cépasque... Si c'est pas la faute du patron qui paye pas quand il faut, c'est la faute des crédits qui augmentent ou du chômage qui arrive pas ou de la société tiens, c'est la faute de la société pour vous toujours. Jamais vous hein, jamais c'est vous, jamais c'est parce que vous dépensez votre argent n'importe comment. Alors c'est la faute aux commerçants qui augmentent leurs prix. C'est la faute à EDF qui augmente les prix. C'est la faute au chômage. Vous travaillez vous actuellement?
- Non, je, j'ai démissionné
- Ah ben bonne idée bravo! C'est le moment de démissionner peut être? Je vois à la télé tous les jours ces gens qui font les poubelles pour se nourrir et vous, vous avez pas un centime pour votre loyer et vous laissez votre job. Et c'est la faute à la société, "cépasque la société" toujours ça.
- Dimanche. Vous aurez votre loyer dimanche. Vous pouvez me laisser maintenant?
- Dimanche y'a intérêt. Sinon vous foutez le camp. Et vous aurez qu'à envoyer une lettre à la société pour vous plaindre tiens!"

Ce type étant de droite

Arnaud, c'est drôle, je l'avais rencontré une première fois deux ans avant, à Paris, alors que je visitais une amie. C'était un ami d'ami d'un nouveau cercle qu'elle essayait de se créer. J'étais partagé. Ce type était visuellement de droite, notamment parce qu'il nous avait embarqué dans un rade chiant (les gens de droite ne savent pas rigoler), mais en même temps sa paire d'Alife préférée c'était les Pepsi et moi aussi, même si j'en ai jamais acheté à ma taille. J'étais resté sur cette impression mi-figue mi-raisin, ce qui signifie un truc peut être acide, trop acide je pense, mais j'aime pas les figues aussi. Donc je me suis dit "tiens c'est drôle" quand, par l'entremise d'un ami de mon éditeur, j'ai retrouvé ce type pour un plan de scénarisme. L'idée était de refourguer des trucs à Canal + pour une série télé de 6 épisodes. Canal + sont les mecs les plus ouverts sur les trucs un peu originaux en série, genre sans flic et sans naine ange gardien magicienne à deux balles. Lui, il m'a pas reconnu de suite quand je lui ai serré la main. Je déteste que les gens croient qu'ils ont fait une grosse impression sur moi quand c'est pas le cas, je suis juste très physionomiste bordel. Je n'ai aucune idée de comment ce type peut avoir eu le droit d'entrée pour scénariser un truc, il est nul. Je pense même être plus vendeur que lui, ça c'est parce que j'ai un meilleur branding facial. On fait un gros brainstorming pour voir ce qu'on peut refourguer comme idées. Il démarre avec des trucs à la con, en fait, notre première rencontre est un collier de trucs à la con. Et blablabla les coulisses du porno, et blablabla une mère de famille addict aux amphèts, et blablabla une famille qui est scindée en deux politiquement... Dès les premières minutes je décide d'une stratégie dite de la porte ouverte à la queue de poisson: je donne des idées de merde de son niveau en faisant mine de m'intéresser aux siennes et dans le même temps, je me renseigne pour savoir si je peux le doubler. Après ce verre, Arnaud est content comme tout, on est vraiment sur la même longueur d'onde et on va bien travailler ensemble et on va réfléchir à tout ça et lui il va officialiser notre entente et créer un truc pour qu'on soit légalement liés et tout et faudra peut être penser à un nom de boîte de prod'. Je dis très bien. Durant la semaine qui sépare le prochain rendez vous, je fais des pieds et des mains pour me libérer du boulet mais ouïlle, c'est sur son nom qu'on lui a proposé des trucs, probablement une histoire de papa quelque part. Mon éditeur me prévient que le doubler c'est me griller. Ma meuf me dit qu'elle me quitte. Ça n'a pas de rapport je sais mais ça arrive à ce moment là donc faut bien que je le note. D'après mon éditeur, ce type est indélogeable, il a un peu écrit pour des téléfilms et des trucs à la con, son papa a fait genre producteur de Navarro et il est clairement bankable et c'est ça le plus important pour qu'un projet avance. Et il sait négocier des trucs et rédiger des contrats et empêcher les scénaristes de se faire enculer. Et c'est probablement ma seule chance de ramasser de la caillasse. Et je le juge mal. Le deuxième rendez vous se précise, et là je décide d'une stratégie ouverture des portes, protection solaire. Ça me fait bien marrer. On discute un peu à droite à gauche et j'attaque pour être sûr sûr sûr sûr que ce gars va pas me voler mes idées brillantes, parce qu'évidemment, j'en ai des idées brillantes. Le type me sort des papiers en veux-tu en voilà, je signe, je paraphe, je lis, je relis, je commente, on reprend des tariquets. Bientôt arrive le moment du brainstorming, j'ai pas réfléchis une seconde à toutes les idées de merde de la semaine dernière alors dès la première phrase je l'embarque vers ma dernière folie, un truc vraiment balèze, l'histoire d'un écrivain qui écrit sur un personnage qui devient réel et qui devient son coloc et qui écrit une histoire qui devient réelle et dont les personnages deviennent ses colocs et qui eux même écrivent et tout ça s'ajoute dans un feu d'artifice fou et bientôt y'a des gens partout dans l'appart et on doit lutter pour suivre l'histoire du premier mec qui en fait est vraiment la plus intéressante et je suppose qu'à la fin le type peut s'évader de ce truc et si ça marche, on peut imaginer une saison deux où le type essaie d'éviter tous les gens qu'il a créé directement ou indirectement et qui se plaignent sans cesse parce que les gens en général, et les personnages de fiction en particulier, ne savent que faire ça: se plaindre, encore et encore. Arnaud a finit son verre de Tariquet plus vite que moi, il est immobile et ses yeux brillent. Ce type étant de droite, il aime l'argent et l'audace (ce sont les seules qualités des gens de droite, avec cette propension à pouvoir faire du sexe dégueulasse qui me fascine) et il aime mon truc ça se voit. Je lui propose de ne pas tenter de m'embrouiller niveau argent, niveau contrat, niveau contrôle, niveau rien. Je lui propose de me laisser faire le cadre et qu'on bosse ensuite pour que tout marche comme sur des roulettes, je lui confie que souvent la psychologie des personnages je m'en fous et que je préfère les répliques bien senties, je lui confie que les histoires de format à respecter c'est pas mon fort aussi, je lui confie que je compte lui refiler tout ce que j'aime pas et qu'il se démerde avec parce que cette idée peut être folle et qu'il est hors de question qu'on ait des acteurs à la con, genre Smaïn dans cette série. J'aimais Smaïn, notamment dans le film avec Pierre Richard et cette histoire de coiffeur et de milliardaire, mais c'est pas une raison pour qu'il joue dans notre série. Arnaud est encore pas mal immobile, l'argent coule le long de ses joues, il me garantit que Smaïn ne jouera pas et on commence à vraiment écrire le truc.

La barbe

Je me rase moins depuis que j'ai appris que le poil repousse, l'idée de me raser encore et encore m'ennuie. Pareil pour la vaisselle, je préfère mettre tout directement dans des sac poubelles et acheter mes ustensiles en gros. Je le dis pas à ma mère elle m'engueulerait. Mais faire la vaisselle chaque jour, merde. Et le coup du lave vaisselle c'est la même, faut remplir et vider le bordel, ça te permet juste de souffler un peu mais c'est pas suffisant. Je veux pas qu'on m'emmerde en fait, c'est la clef. Je fais une parenthèse dans le quotidien. Je l'ai dit l'autre jour à mes vieux amis dans notre vieux bar de notre vieille adolescence. Les mecs étaient entre doute et désaccord, mais en gros on s'est bien marrés. J'essaie de pas trop parler de moi dans les moments de retrouvailles entre amis, parce que souvent je parle de moi. Je démarre une phrase sur deux par "moi je" et quelque soit le sujet, j'ai toujours une anecdote là dessus. En anglais, pour une raison que j'ignore, mes anecdotes démarrent généralement par "when I was young". Je pense être plus vieux en anglais qu'en français. Et alors ce qui est surprenant avec cette histoire de moins se raser c'est que je ramasse des gonzesses. C'est un classique ça, elles aiment les types négligés, les types qui répondent "à quoi bon" n'importe où. À quoi bon se raser? À quoi bon faire la vaisselle? À quoi bon travailler? Les mecs qui souffrent et qui luttent ils sont chiants, ils se lèvent le matin, il dise "tu ferais mieux de pas fumer" ou "même à vélo un casque peut te sauver la vie, surtout en vélo même". Alors que non. Ça peut pas te sauver la vie. Un pompier peut. L'ami Baptiste peut (parce qu'il est courageux et loyal). Mais un casque de vélo non. Ça peut amoindrir tes blessures en cas de choc. Mais ça empêchera pas les chocs, avoir un casque empêche pas les accidents, empêche pas les blessures, empêche pas les morts. Mais c'est moins bandant que de dire qu'on sera sauvés c'est vrai. Mais cette histoire de se raser moins ça a des répercussions folles, parce que je commence à ressembler de plus en plus à un logo et ça me pousse vers l'avant, vers l'éditeur, parce que je pense qu'il est fini le temps de l'écrivain secret, je pense qu'il faut brander l'écrivain, enfin, ça fait un bail qu'il y a des écrivains brandés mais ça devient n'importe quoi de pas mettre son physique au service de son art. J'ai envoyé une lettre sur le sujet à plein de gens, mais ces types ne me répondent jamais.

vendredi 24 avril 2009

LOL

satine3434 a écrit :

il faut laver les oreillers et traverrsins synthetiques regulièrement, car on transpire beaucoup de la tete (vous avez qu'à voir les taches jaunatres :d)
En machine à 40°.


C'est pas mal pour oter les crottes d'acariens.
Penser aux acariens, aussi....


---------------
Accro au cannabis depuis l'age de deux ans, puis àl'héroïne vers cinq ans [:calou777]; je sors de ma dixième cure de désintox.A 65 ans, je commence à m'en sortir, ma consommation de drogues ne se résumant qu'à un litre de rhum et trois paquets de cigarettes journaliers.
Malgré mon cancer du poumon [:akemi]et le sida, j'ai encore quelques mois à vivre et je compte en profiter. [:adelouce]
Je suis ménopausée depuis le début de l'année et je peux enfin arrêter la pilule.
[:axian56]

mardi 14 avril 2009

Kretchrup

Mes colocs parlent et parlent, on est autour de la table et j'entrave que dalle, ils disent "Jyou Just havje too sqweegee" et je dis "I beg you pardon?" et il disent "DJJJust sqweegee, sgweegee lakjat" et Mark m'attrape le ketchup des mains et appuie dessus projetant sur mes frites ma précieuse sauce rouge-brun dans un prrrreeut sonore et dégueulasse. Ils parlaient de squeezer le tube de ketchup, ces cochons, ce tube inanimé depuis deux minutes au moins dans ma main fatiguée. Fatigué. Je suis fatigué par les langues étrangères et par leur accent à couper au couteau. Ma vie est pas assez casse-couille avec tous ces mecs de droite qui dirigent dans le monde et toutes ces filles qui font des manières avant de me sucer pour qu'en plus je me paie une bande de génie du tour du monde qui viennent m'expliquer comment me servir du ketchup que d'ailleurs je paie et qu'ils vident dans une suite sans fin de preut et proou et de pahhaar des fois. Je les aime par moments mais on passe surtout notre temps à pas se comprendre et à tenir des conversation approximatives où j'invente des mots sans m'en rendre compte. Ils répondent comme si de rien n'était mais j'understand nothing en retour parce qu'ils bousillent chaque putain de son avec leurs bouches trop pleine de dents à croire qu'au Pakistan, en Hongrie ou d'où qu'ils viennent ces salauds là, on leur aligne à tous les dents comme des petits soldats coréens.

lundi 13 avril 2009

Le mariage des petits chats

Les trois chats de ma voisine sont maintenant dans ma chambre, c'est un kidnapping mais ils chiaient devant ma fenêtre, j'étais élu. Alors je pense à les marier mais ils sont trois alors je me retrouve emmerdé. Ils sont méfiants. Je les baptise. Avec de l'eau même, parce que j'ai toujours un verre à côté de mon lit, j'ai souvent soif la nuit et puis c'est une attention que toutes les filles aiment même si je suis pas une fille et qu'il n'y a pas de fille dans ma chambre, juste des chats, même pas ma voisine. Je les baptise Friskies pour celui qui ressemble au chat de la pub Friskies, Tanker pour le gros gris avec des reflets roux qui ressemblent à de la vieille rouille et Petit Chat Animal De Compagnie pour le troisième parce que l'inspiration me manquait. J'en profite aussi pour vérifier leur sexe et je suis aussi humilié qu'eux à faire ça mais je veux pas marier des gars entre eux parce que je pense que gars + gars = homosexualité. Deux chattes et un chat. Friskies et Tanker deviennent Sale Pute et Chatte À La Con puis Minette et Mistinguette quand je me rappelle que je ne suis pas mysogine puis Loukoum et Thé à la menthe parce que j'aime rire aux dépends des animaux. Finalement je décide de faire de Loukoum une vieille fille/vieille chatte. J'attends la nuit en bricolant des boites à chaussures pour pouvoir aller les marier dans la montagne. Je decoupe aussi la toile de mon parapluie blanc pour en faire une robe, Petit Chat Animal De Compagnie n'aura pas de smoking mais on s'en fout, c'est un chat. Je fous tout ce monde dans les boites et toutes les boites sur mon vélo, je ficelles et on part, tous les quatre, vers la montagne et finalement ils sont lourds et j'ai très mal aux jambes. Je pense que marier des chats est une activité saine pour un lundi soir, plus saine que par exemple se branler ou regarder des émissions de télé ou boire. Je bois bien assez le reste de la semaine bordel. Une fois là haut je les "relache" puis les "attache" avec deux cordes, proches pour les mariés et un peu plus lâche pour Loukoum qui sera témoin/public. Je serai curé parce que j'ai une soutane. Je fais un discours assez court parce qu'ils essaient de se débattre et que par moments ils partent dans la même direction et c'est dur de parler en les suivant d'autant que j'improvise (même si j'ai beaucoup réfléchis sur le trajet en pédalant). C'est assez émouvant et je pense qu'ils comprennent ça aussi. Thé à la menthe devient Thé à la menthe De Compagnie et Loukoum semble maintenant un peu triste et célibataire alors je la console un peu et elle ronronne et Petit Chat Animal de Compagnie réussit à se barrer et c'est coton pour le rattraper gardant les autres en vue. Je rentre chez moi vers 4h30, je croise des étudiants bourrés qui commencent à vouloir me parler quand ils entendent mes boites de Pumps couiner et gratter. La fin de la nuit est cahotique, d'abord parce que Thé à la menthe et Petit Chat Animal De Compagnie ne semblent pas si proches que ça, ensuite parce qu'ils ont décidé de beaucoup pisser. Finalement je sors avec Loukoum pour les laisser consommer et je me demande si finalement Petit Chat Animal De Compagnie est pas une tafiole. Je m'endors sur le canapé du salon et au réveil ma coloc me dit qu'elle a rendu les chats à la voisine qui était furax et que y'avait de la merde dans la salle de bains et qu'il fallait que j'arrête mes conneries et je lui rappelle qu'elle m'aime en secret et que tout ce qu'elle fait/dit est juste un prétexte pour essayer de capter mon attention et je me rendors. On est mardi.

Je ne crois pas en la poésie

Dans le bureau de mon éditeur on est trois. Y'a moi, mon éditeur et son amie Florence qui travaillent à France 3. On parle de poésie, parce que mon éditeur veut que je sois un poète parce que je suis super fort il me dit. La Florence elle fait pas que France 3, elle est aussi dans la Culture et elle veut participer à ce projet. "Quel projet?" je demande. Et ils m'expliquent des trucs sur un ouvrage collectif et puis un événement et puis surtout un manifeste. Comme ça on viendra en groupe et on pourra être plus visibles. Je demande les noms des autres et je suis pas déçu, surtout parce que je les connais pas. Je connais rien au monde littéraire moi, je leur dis ça mais ils me disent "ahahah, t'es vraiment un sacré type toi, un sacré iconoclaste". Mais merde je leur gueule, merde avec un point d'exclamation à la fin même! Je suis pas sûr que je veux, et je veux pas être dans un groupe parce que je saurais pas quoi dire, j'écris parce que je veux pas travailler moi, pas pour être dans un groupe et écrire des manifeste. Après un café je me calme et ils m'expliquent que j'aurais qu'à le signer et que j'aurais pas à trop participer mais c'est dommage parce que j'ai vraiment une gueule et puis je suis un sacré type moi, un iconoclaste. Reste ce que je dois pondre. Pas trop trash ils me disent. Pas trop classique genre vers/rimes. Je dois être moderne. J'ai un flash à ce moment là, je leur dis "Est ce que je pourrais dire que je suis dans la tradition de la peinture figurative, est ce que je pourrais invoquer Velasquez et Manet et Degas?". Là ils sont éberlués un peu et puis Florence dis "Oui, enfin, oui oui". Et je rajoute "Et Jeff Wall?". "Oui, enfin, oui oui". "Alors c'est entendu". Ils sont bien feintés les cochons. "Mais ça donnerait quoi, parce que là je vois pas trop, ça serait comme ce que tu fais d'habitude?" "En pas trop trash?". Oui oui je leur réponds, ça serait peintre la vie moderne voilà, avec des mots qui font des images qui sont la vie avec moi dedans un peu mais surtout la vie. Comme si j'écrivais
C'est le filtre
De mon temps perdu
Ça s'effile et
Je m'enfile des perles brutes
Une par une
Plop par heure
Que me disent les gros chiffres rouges
De mon cadran qui bipe
Bip par heure
Plop par bip
Jusqu'au bout du collier
Jusqu'à la prochaine journée.
Florence se demande à haute voix si c'est pas trop trash, Mon Éditeur lui repète encore un "Ah ce type est formidable! Il est formidable! Ça t'arrive comme ça alors? Écoute c'est formidable!". Et moi je dis oui et j'espère que je serais bien payé pour ça.

Emma est bruyante

Emma est une fille super bruyante et le comble, comme d'hab', c'est qu'elle peste contre tous ceux qui se permettent de vivre dans sa cuisine le matin. Elle se lève qu'à midi, jamais avant. Mais vraiment jamais. Mais attention, dès qu'elle est debout tu l'entends. Elle m'a reveillé en débarquant chez elle à 3h passablement bourrée. Je l'attendais dans son lit au début en lisant Le Désespéré de Bloy. Je l'attends toujours. Je l'ai attendu un après midi en lisant Céline sur mon fauteuil qui donne sur la rue. Je l'ai attendue plusieurs soirs en regardant du hockey au MacDo du coin de rue. Je l'ai attendue pour petit déjeuner plein de fois, parce que j'oublie toujours qu'elle ne sait pas se lever avant midi. Je l'ai attendue dans son lit en finissant un schéma sur le critique musical comme filtre. Bref, je l'attendais en lisant Bloy et je l'ai tracée dans son appart. D'abord la porte d'entrée qui tape sur le mur, puis ses chaussures qui volent, ses clés avec lesquelles elle joue et qui échouent sur une table basse en verre renversant au passage un bouquin qui trainait là. Puis elle fouille dans le frigo, tente un peu de vaisselle, chausse un truc au micro-onde en chantonnant, puis en chantant, puis les messages du répondeur, puis "Salut mon coeur t'es là?". Ses colocataires la haïssent mais elle paie deux fois et demi plus cher alors ils ferment leur gueule. Depuis qu'elle sait qu'elle paie plus (une sombre histoire de surface utilisée et de sous-location) elle fait plus de bruit. Et elle prend plus d'espace en laissant des fringues sales partout et des cannettes. Je me sens inutile quand je l'attends, je sais pas pourquoi je l'attends d'ailleurs, je ferais mieux de repartir mais la merde c'est que j'ai plus assez d'argent. J'ai loué ma chambre à des espagnols pour me refaire. "Salut mon coeur" qu'elle me redit en entrant dans la chambre, déjà moitié à poil et avec une assiette de patates fumantes dans la main. "Salut bébé" que je lui réponds.

Station Service

Le charme est facile pour une station service des années 60 prise en polaroïd. Si possible avec la famille de tenanciers devant et le cousin qui fait des hot dogs sur le parking à côté du premier lavauto du coin. Lavauto c'est une contraction de laver, d'automobile et d'automatique, un mot qu'on pourrait plus créer aujourd'hui tellement les mecs des stations services embauchent plus de gens créatifs pour s'occuper de leur came. Le temps passe et le gasoil fait plus rêver, c'est cher et puis ça pollue et on va tous crever. Parlez moi de liberté, de futur et d'air conditionné bordel, laissez pas les punks gagner! La station est neuve, trop éclairée par du néon rouge et des halogènes blancs. Ça doit être triste de dessiner une station service. Elle est coincée dans un ensemble de vieux bâtiments, surement des anciennes usines de papier maintenant devenu le siège d'un studio de jeux vidéos pour cellulaire. Derrière des vitres taguées à la clé, ils vendent de la bière puis des chips, puis du gasoil. Tout ce qu'il me faut. Le type a un bouc mais je lui pardonne, son boulot et sa vie semble aussi moches que son physique. Comme le dit le Coran, l'apparence est le reflet de l'âme. Le Coran est une bonne source de misanthropie vu le nombre de gens moches que je croise sur ma route nationale. Ce mec lit un truc de programme télé et attends. Quand j'étais petit, des fois on allait voir nos cousins qui habitent loin. Ils avaient un bar familial, enfin un bar-resto quoi. On avait des cocas et des chips à volonté qu'on pouvait prendre directement dans un étal derrière le comptoir mais qu'on préférait demander à José et Raffa qui bossaient là. Et à un vieux type chauve et gros que j'ai jamais revu quand ça a fermé. La station service n'a aucune vie, je veux dire aucun gosse ne trainera ici et si un José y bosse il sera moche. Notre José lui il était plutôt beau gosse et il faisait les pires blagues possibles, avec des homosexuels et des putes. Le plein est de plus en plus cher putain.

Guadalajara

À un moment je disais à la cantonade que je finirai par vivre au Mexique, à Guadalajara même, parce que j'avais lu sur un blog que la vie était pas chère, genre 400$ US par mois et que j'avais lu sur Wikipédia que "Guadalajara hosts an important community of artists and people interested in art and culture". Moi j'aime ça les arts and culture. Alors je disais que je m'en fous et que j'irais au Mexique si on continuait à vouloir me faire bosser. Mais bon, en regardant les prix sur Craiglist pour des apparts puis des bagnoles je me suis rendu compte qu'en fait le gars du blog qui parlait de 400$ par mois se foutait sec de ma gueule. Un bel enculé, un bon coup dans l'eau.

dimanche 12 avril 2009

Le stress

"- Toi au fond tu connais pas ça, le stress. T'es un écrivain. C'est ça hein, t'es un écrivain? T'as pas cette dimension d'être utile, enfin, utile dans l'instant dans ta vie. C'est être attendu qui fait le stress. Et je me plains mais j'aime ça. Le stress c'est comme une drogue par moments, quand je suis dans un rush j'ai peur, normal, mais j'existe aussi, plus que jamais. Mais toi c'est même pas travailler en freelance, t'es plus comme, enfin je veux dire, t'es un artiste, t'as pas ce stress, tu peux t'en remettre qu'à toi même. T'as pas un patron au dessus de toi, t'as pas des collègues sur ton projet, en fait le stress il existe que quand on est dans un système de dépendance sociale. Tu vois? C'est parce que ce que je fais à l'agence implique du monde que je dois le faire à temps et le mieux possible, le mieux pour tous. C'est le compromis qui fait le stress. C'est de devoir gérer les attentes de tout le monde, et puis c'est de prouver que t'es important. T'as pas ça toi, tu écris seul. Moi je dois tout le temps prouver que je sers à quelque chose et que ce que je fais sert à quelque chose. Je dois être utile. C'est stressant. Des fois, il m'arrive d'éprouver une sorte de tristesse pour les objets qui prennent la poussière. Chez ma mère, je m'assois toujours sur la même chaise de la cuisine, ma mère vit seule et elle a trois chaises, une pour les gens qui viennent la voir et une autre qui prend la poussière. Je m'assois toujours dessus. Je sais plus où je voulais en venir, mais si je déconne, si je tiens pas les délais, je fous tout le monde dans la merde. Si je me fais engueuler, tout le monde se fait d'une façon ou d'une autre engueulé. C'est de là qu'il vient le stress. Pareil quand j'étudiais, je voulais pas décevoir mes parents, je voulais pas faire perdre leur temps à mes profs, je voulais pas que mes amis me prennent pour un type inutile, un type qui s'en fout. Mais toi ton travail c'est pas pareil. C'est mieux peut être... Je sais pas en fait... C'est mieux?
- De?
- De travailler seul, sans que personne attende vraiment ta production, tu vois j'aimerais connaitre ça un jour, connaitre le moment où tu te dis "que je finisse ça ou pas, ça changera rien, personne sera engueulé, personne sera viré, les choses vont continuer".
- Ah?
- Ouais. Tu dois être plus libre. Ouais, c'est vachement plus libre comme position sociale ça."

Regrets

Je regrette des choses par moments, je regrette mon inactivité souvent, mais ce sont toujours des sentiments passagers. Glander fonctionne comme une maladie auto-immune, dès que je pense à faire quelque chose de ma vie, selon l'expression consacrée, la glande se lance et j'arrive à prouver et à me prouver qu'il vaut mieux que je mange des chips devant cette télé. Mais il reste des points qui me poussent à me sentir en échec. Notamment le fait que j'ai toujours pas de grosse bagnole. C'est un manque, enfin je pense. La clé c'est qu'il est hors de question que je sue pour l'avoir cette voiture, or, comme je le dis souvent, il faut suer pour pouvoir profiter de la climatisation et des vitres électriques. Non, c'est faux, j'ai jamais dit ça. J'aurais du. Encore un regret.

Cousin

Au fond rien faire c’est assez agréable. Par moments, je me dis que je gâche mon temps à lire le journal. Surtout quand quelqu’un me demande ce que j’ai fait aujourd’hui. C’est pas normal cette semi-honte que je ressens des fois en répondant « rien ». La vérité c’est que j’ai lu des journaux, maté des Simpsons, fait de la sexualité, mangé du fromage, pensé en me baladant, engueulé dans ma tête ces enculés de droite qui bousillent le bel idéal républicain avec leurs gros 4x4 mentaux. J’ai fait plein de choses. Mais j’ai pas sué (sauf pendant la sexualité) et je me suis pas levé ce matin. Rien faire c’est moins bien en hiver. En hiver il faut faire du ski. Ce qui me manque c’est de l’argent en fait.

J'ai dit ça à mon cousin l'autre jour. D'habitude j'épargne à ma famille ces choses là. Ma famille est chouette, mais ma famille travaille. Tous, tous travaillent, plus ou moins fort, avec plus ou moins de résultats, mais c'est inscrit qu'on peut vivre qu'en travaillant. Il me demandait ce que je faisais exactement dans la vie. Alors je lui ai répondu que je passais beaucoup de temps à lire des journaux et à trainer sur les terrasses sauf en hiver où je m'embête un peu plus parce que j'ai pas assez d'argent pour aller au ski où il y a aussi des terrasses agréables. Il m'a alors demandé ce que j'allais faire après et je lui dis que j'aimerais continuer, parce que j'aime bien. Sauf le coup du ski que je fais pas. Il comprenait mal. Il me disait que je devrais finir par travailler et je défendais le pas forcément. Pas forcément ouais. Je travaillerais que quand j'aurais faim. Il a marqué un point en me disant que je risquais de pas savoir faire si j'attendais trop longtemps. J'ai acquiescé. Mais est-ce que ça fait du sens que je travaille au cas où je dusse finir par travailler? Va savoir que je lui dis vu qu'il me répondait pas, je pense à cause du mot "dusse" qui vient généralement que précédé de "Jean-Claude" dans notre temps. Va savoir cousin, mais j'y réfléchirais demain en me baladant au soleil, je te le promets.

Je n'ai jamais été pour les peuples

L'autostoppeuse a un drapeau tibétain accroché à la lanière de son sac, je l'avais pas vu parce que j'ai regardé que ses jambes quand je l'ai prise, je m'en mords les lèvres maintenant parce que cette pute essaie de le mettre bien en vue pour que je le vois pour qu'elle puisse en parler. Parce qu'elle veut parler. Parler parler parler, merde. J'évite le truc pendant un quart d'heure et puis à un feu rouge, à un sémaphore même, mes yeux se baladent et entre deux nichons tombent sur le drapeau. Juste le temps de piger l'erreur et elle me parle de la cause tibétaine. La cause. Putain. C'est à m'empêcher d'être de gauche quand j'entends des trucs comme ça. Elle parle: "libération", "oppression", "massacre", "culture", "liberté", "patrimoine" et "la honte des jeux olympiques". Bon. J'aime ça moi les tibétains sur le principe, des mecs marrants qui font du kung-fu et des temples dans les montagnes c'est chouette, y'a le Yéti aussi, bien le Yéti, si je me rappelle bien, y'a également des sacrés Lynx dans ces régions. Tout ça est formidable. Mais qu'on me foute la paix avec la libération du Tibet. 5 ou 6 millions de bonshommes des montagnes qui luttent supposément pour avoir le droit de revenir à un pays gouverné par leurs curés karaté en soutane arc-en-ciel ça commence à faire. Le droit de parler et de, comme le prévoit l'ONU, s'autodéterminer, je dis oui, mais libérer le Tibet, mon cul. L'autostoppeuse parle beaucoup encore elle parle des cultures opprimés et de l'oppression des peuples et je sais bien que je la chopperais pas, je choppe pas les autostoppeuses, c'est dégueulasse, je me vois pas me garer dans un chemin pour lui proposer de me sucer si elle veut qu'on aille plus loin. Alors du coup je commence à en avoir ras-le-bol de devoir l'entendre sachant qu'en retour j'aurais rien, voire pire, le petit drapeau en souvenir. Alors je finis par faire un petit pffiou et je lâche tout. Je lâche l'affaire que toute libération est un nouveau servage et que c'est une sale hippie et qu'on n'en veut pas de la Bretagne Libre et qu'on en veut pas d'un pays de religieux. Elle me dit que si. Je lui dis que ta gueule, que les Dalaï Lamas ou les Chinois du P.C. c'est tous des connards, et qu'elle ferait mieux de s'occuper de son cul par moments, parce qu'après il finit par grossir et que personne n'aime ça. Le plus dingue c'est qu'elle ne quitte pas la Vectra, elle devient rouge, bouge la tête un peu trop et ferme sa gueule jusqu'à Arles où nos chemins, joie, finissent par se séparer.

mercredi 1 avril 2009

Tête rouge

J'ai arrêté de me lever le 7 avril. Je m'en rappelle parce que ce soir là j'étais censé aller voir Sébastien Tellier au Cabaret. Il était 12 heures et je me suis dit "non, bordel, je me lève pas". J'avais une bouteille d'eau et puis des bonbons avec du jus de fruits qui explose dans ta bouche et du petit sucre qui râpe la langue. J'ai dit "je reste là jusqu'à ce que j'ai faim". Finalement, je me suis rendu compte que la faim vient avec l'activité. Rester couché à regarder des Simpsons ou des South Park ou des Malcom ou d'autres séries ça fatigue pas. Sans mon laptop j'aurais tenu 12 minutes mais là je regardais des trucs jusqu'à dormir puis je me réveillais jusqu'à dormir puis je regardais des trucs jusqu'à dormir. J'ai décidé de me rationner dès le départ. La clé c'est de manger le bonbon avant d'avoir faim et de pas le croquer. Juste frotter le sucre sur la langue et le laisser fondre. Et après, hop, une lampée d'eau, pas plus. J'ai tenu deux jours sans avoir envie de faire pipi et encore c'était mon erreur. Je me suis endormi avec l'ordinateur tout chaud sur mon ventre alors ça a appuyé sur ma vessie alors j'ai eu envie. Je pense que j'aurais duré une semaine. Le pipi j'ai evacué ça vite. J'ai étiré mes bras sur ma table de nuit où trainaient une tasse de café froid d'une ou deux semaines, une assiette creuse et un bol avec trois Chocapics qui se battaient en duel avec du lait, ou plutôt le truc précedemment connu comme le lait et puis j'ai fait mon affaire. Par chance j'avais fait mon caca avant d'aller dormir le 6 avril. Chance. J'ai fait pipi trois fois en tout, ça m'a surpris, parce que d'habitude je fais beaucoup plus. C'est parce que je peux. C'est très capitaliste comme attitude, souvent je pisse parce que j'ai un peu envie et que je sais que je peux y aller. Si on me faisait payer 2$ à chaque pipi, je ferais plus gaffe, mais là comme c'est open bar, je m'en donne à coeur joie. Enfin, je m'en donnais. Parce que là, deux semaine de lit et juste trois pipis. J'ai eu peur un jour, le premier dimanche même, parce qu'internet a coupé. Je me suis dit "merde la crise". Parce que bon, j'ai bien des Simpsons et des Family Guy sur mon disque dur, mais merde, je les connais déjà par cœur ceux là, cf. insomnies, cf. chômage. Mais j'ai gueulé quand j'ai entendu mes colocs marcher dans le couloir, genre "Can you PLEASE replug the Internet THANK YOU". Ouais ils parlent anglais, mais j'ai aucune idée de quel pays ils sont: Inde, Bangladesh, Sri Lanka, Pakistan, ou une autre merde dans le style. Ils sont sympas mais leur bouffe est vraiment dégueulasse.

Le gang des lapins

Deux gars, trois filles et probablement une lesbienne. Une des filles a des chaussures dépareillées. Il manque un pied à un des garçons, probablement un mauvais montage photoshop. La photo est ancienne. Dans le ciel on note la présence de trois sphères extraordinaire, dans le sens premier. Puis, on se rend compte que ces sphères sont partout sur la photo, c'est juste un problème de papier qui gondole. Le gang des lapins a fière allure. Le type le plus à gauche a un sac à papier et une étiquette sur son polo fabriquée à partir de ce sac. Peut être que ce sont des frères et soeurs, peut être que c'est halloween mais j'y crois moyen parce que halloween c'est la peur et le stress et eux, en lapins jaunes à oreilles maronnasses, ils font pas peur. Même pas pitié. Ils font nostalgie des temps inconnus. La fille aux chaussures dépareillées a une étrange tunique avec une sorte de G barré. Ce n'est pas un déguisement. Aucun n'est déguisé hormis la fille la plus à droite qui est peut être déguisée en princesse à moins que ce soit une robe normale pour une enfant de douze ans en 1967. Il n'y a presque pas d'indice sur la date, faut avoir l'oeil pour s'en sortir. Au fond on aperçoit une camionette genre 50-60, elle est beige avec une bande verte sur le côté. Derrière elle, en plissant fort les yeux, on devine une familiale à trois ou quatres vitres, très large, vert pâle, avec des lignes acérées au niveau des phares. Le ciel est blanc, le sol est blanc, ça ressemble à un polaroïd. Les tenues du gang des lapins en disent peu, mes colocs s'habillent comme ça au 21ème siècle, chemise à carreaux, costume une pièce à ceinture, polo rayé, veste en laine, Converse. Le look des masques est quand même daté. Qui est le gang des lapins?

mercredi 25 mars 2009

Les gens qui parlent dans les conférences sont des hippies

"Toutes ces grèves, toutes ces manifestations, ce bruit dans les rues de Paris... On crie, on chante, pour quoi? Des revendications sociales? Des salaires? Du travail? Non. Pas du tout! Pas. Du. Tout! Ce que chaque femme, chaque homme qui marche aujourd'hui c'est une revendication de l'essentiel qui s'exprime et que je ressens dans mon coeur, une revendication de l'expression, une revendication de poésie. Parce que c'est ça qui manque et c'est ça qu'ils veulent: de la poésie. Tout simplement".

Prout

J'ai rendez vous avec la fille de mon éditeur pour lui parler de mes nouveaux poèmes.
"Joue mon jeu, je m'en fous, je m'ouvre les bijoux".
Elle me demande si c'est un haïku, je lui réponds que peut être. Elle est assez sympa comme fille, pas mon genre, trop prépa. Et puis c'est la fille du type qui me donne de l'argent et il ne faut jamais, j'ai dit jamais, coucher avec la fille de la personne qui te nourrit. Tu vois c'est un peu incestueux comme truc.
"Tu me suis
Tu me suces
Nous suons
Sur les rythmes latinos".
Non, là j'en suis sûr c'est pas un haïku que je lui dis. J'avais commencé un énorme poème sur l'amour entièrement en 3-3-3-7 mais j'ai arrêté vite parce que je buvais en même temps et que je me suis retrouvé ivre à la fin de la première partie qui parle des amours qu'on connait entre 30 et 40 ans. Si je me rappelle bien, je me suis endormi ce soir là en regardant des Simpsons que je connaissais déjà par coeur.
"Dans tes yeux
Je le vois
Brille encore
L'amour de nos vingt ans".
La fille est impressionnée, moi je me contente de manger ma salade de crevettes en hésitant à prendre un autre verre de Tariquet. Elle a 17 ans elle me dit. Elle a écrit des poèmes et elle a honte de me les lire maintenant. Je lui dis qu'elle a bien raison en espérant que surtout elle me les lise pas parce que je sais pas du tout cacher l'effroi quand j'écoute des gens lire des poèmes nuls. Même mes poèmes je les hais pour être franc. La poésie, j'ai toujours considéré que c'était le terrain des lopettes et si je m'y suis mis, c'est surtout que pour chier 150 pages de pouin pouin et de ouin ouin en vers qui riment c'est plus avantageux que 150 pages de vrai texte: plus d'espace, moins de lettres pour une paye identique. Je vais prendre un autre verre de Tariquet.

mardi 24 mars 2009

Mon fils, ma bataille

Chaque premier jour du mois depuis mes dix sept ans je décide d'un truc. Par exemple je décide de me raser les couilles. Ou de pas dépenser plus que 20$ par jour. Des fois ça a un sens mais souvent c'est juste parce que ça m'occupe. Le mois dernier j'avais dit "je vais lire l'intégrale de Georges Bataille pour pouvoir expliquer posément aux gens que ce type est une trace de merde. Mais page après page, Batalle m'emmerde. Dans le sens il m'ennuie. À mort. Je suis tellement pas concentré que j'en suis venu à développer une fascination pour les petits poils que j'ai à la base de mes doigts. Je les regardes des quarts d'heures durant et j'en bouffe de temps en temps. Ils sont aussi moches qu'un petit chien bâtard, caniche/basset par exemple, une erreur, on dirait la conséquence d'une manipulation génétique ratée. C'est digracieux. J'en étais à Divinus Deus, dans le tome 4 de l'intégrale, un peu plus de 1000 pages de Bataille dans ma face quand l'évidence a surgit: je m'emmerde. Mais vraiment. J'ai faim, j'ai envie de provoquer des scandales, j'ai faim et j'ai besoin d'acheter du parfum et des trucs ultra-protéinés pour grossir. Alors Bataille, je m'en vais te le survoler en m'arrêtant que sur ce qui a l'air vraiment cool. L'intégrale c'est 12 tomes mec. Enculé. En plus il parle vraiment beaucoup trop de baiser avec sa mère, maxi chrétien ce type, ça en est gerbant.

lundi 23 mars 2009

J'ai des lunettes à 500$

Je m'en sers pour aller acheter du pain. Quand j'entre, je les accroche à mon polo et je souris. Je demande ma baguette, la fille dont j'ai été secrètement amoureux avant qu'elle prenne du poids me la donne en rougissant, je tends mon argent, je bloque la baguette sous mon bras, je remets mes lunettes, je prends la monnaie et je dis "bonne journée". Ensuite, pendant une heure environ, je pense à l'état dans lequel j'ai mis la boulangère. Je pense qu'elle a grossit en mangeant des pizzas tellement elle est croque de moi.

Le scrabble de la vie

Je reçois un mail le lundi matin, je le lis en diagonale, une affaire où je dois signer. Je ne suis pas intéressé. Je reçois un coup de téléphone le lundi soir, c'est l'homme du mail, c'est un mec qui s'appelle Denis. Il me dit "C'est Denis Quelquechose". Je lui dis "oui?" et puis il me parle blablabla projet blabla contrat. Je lui dis "oui, j'ai lu ça dans le mail" il me dit "c'était pour parler de vive voix" je lui dis "c'est sympathique mais pas nécessaire". Il a rien à m'offrir je pense, alors je lui dis, lui il répond "au contraire". Je suis intrigué mais la suite de l'appel me déçoit: Denis parle avec conviction mais j’entends qu’il a pas de budget, il essaie juste de faire son beurre une fois que moi j’ai commencé à faire de l’argent. Il me le dit à un moment: "on vous surveillait mais on attendait d'être sûrs de votre potentiel". Je lui demande "qui c’est on?" et là il essaie de me faire croire qu'il travaille avec des gens mais derrière j’entends le bruit de quelqu’un qui fait la vaisselle et c’est quoi ces gens qui bossent dans leur cuisine bordel, c’est pas sérieux. J'écourte la conversation aimablement et je m'en retourne à la table de jeu. "Prolapsus mot compte double!". Je joue pour la victoire.

dimanche 22 mars 2009

Je pars à la fin de la nuit

La voiture chauffe, j'essaie de le dire à cette fille, mais j'ai trop de B.
"- C'est bon, la boiture bfauchbe"
Elle m'écoute même pas, elle est complètement cramée. Je pensais pouvoir coucher avec à un moment mais là elle fait un peu peur. J'ai souvent ça avec les filles, je les aime la nuit avec la lumière jaune des bars, mais dès qu'il fait frais et blanc, brrrr, je vois leur acné. On roule pas mal et puis je commence à avoir envie de chocolat.
"- Tu veux des chocolats?" je lui dis
"- Hmmm"
Elle me répond en ne sortant pas son doigt de la bouche. Je m'arrête pour en acheter et en sortant de la bagnole j'embarque les clés parce que j'ai pas confiance. Je lui ramène le chocolat et le café, elle boit une gorgée du café et puis elle trempe le chocolat dedans. Je décide de pas la juger. Deux heures plus tard elle se colle contre mon épaule puis monte vers mon cou pour m'embrasser. Je l'avais mal jugé, en fait cette fille vaut mille autres.

Qui je vais baiser maintenant?

"- J'ai envie de dormir
- T'y arrives pas?
- Non...
- Tu veux dormir avec nous?
- Oui...
- Bon viens alors, mais juste ce soir hein...
- Oui..."
Vingt trois ans et j'ai déjà un gosse qui dort entre ma meuf et moi. Je dis ma meuf mais en même temps c'est juste la deuxième fois que je baise avec et elle ne le sait pas encore mais c'est très probablement la dernière fois. Faut me comprendre aussi, je suis pas adapté aux meufs qui ont des cicatrices de césarienne. Dé-gueu-lasse. Le kid a un pyjama avec des saxophones et des guitares, je trouve ça drôle. La promiscuité m'oblige à remettre mon caleçon et un tee shirt, je me sens contri. Mon dernier pyjama remonte à trèèèès longtemps, je me rappelle que je passais des heures devant ma glace à me raconter des histoires comme quoi j'allais lancer la mode des pyjamas de ville. Je trouvais ça super rock'n'roll. J'étais un gosse en or. Puis j'ai viré des parties petit à petit jusqu'à dormir à poil à la fin de mes années teenage. Le gosse dort collé à sa mère. Ça me fait chier parce que ma position préférée pour m'endormir c'est la bite dans la raie de la meuf. Là si elle touchait le petit ça me foutrait dans une merde sans fin. Sa mère finit par passer sa main au dessus de lui pour caresser mon bras: super machine, tout ce contact humain va finir par me donner une érection. Vivement demain matin que je reprenne le volant.

C'est pareil

Juste avant de monter dans le bus j'ai revu cette fille pleine de meth que j'arrête pas de croiser et qui demande de l'argent aux gens et qui propose de sucer pour 5 ou 10 piasses. Le plus dingue c'est que cette fille vit une véritable pente personnelle, je l'avais vue serveuse dans un endroit cool à mon arrivée. C'est pareil pour ce type que j'avais rencontré quand mon travail c'était trier des patates. On passait nos journées à lire des bouquins dans des sacs en attendant des camions. La première paie était royale mais pour la deuxième, le patron avait retranché les temps d'attente. Alors on était venus avec des battes en tapant sur les murs de sa cabane/container. On aurait pas été capable de lui péter la gueule, on voulait juste lui faire peur. Il avait donné l'argent mais du coup j'avais oublié mon vélo là bas et j'ai jamais osé venir le récupérer. Je m'en branle au fond, si je me rappelle bien, ce vélo, je l'avais volé. Le type qui bossait avec moi était revenu par contre avec la batte, pour voir s'il pouvait avoir du rab de monnaie et il avait pété la gueule d'un ami du patron. Ça avait fait des histoires et puis ça avait fait de la prison et de l'échec. C'est la vie un peu.

Terrasses

Les terrasses recommencent à faire le plein. J'y suis quasiment non stop. Je crois qu'inconsciemment, j'ai épuré ma liste d'amis en fonction de leur amour pour les terrasses. Je pense qu'un ami c'est d'abord une passion terrasse. Merde, mais y'a rien de plus joie que ça! Des filles, des salades, des cafés, des bières, tout pour que chaque sourire s'étende vers l'infini. Julie est arrivée complètement saoule, avec des lunettes de soleil hideuse et un sac pendant à l'intérieur de son coude. Ce qui est drôle c'est qu'elle avait un jour de retard par rapport à notre rendez vous. Elle m'a expliqué s'être réveillée à Biarritz dans un graaaaaand appartement. Ses fringues étaient dégueulasses alors elle en a cherché des plus propres et là elle a rencontré la fille chez qui elle était. Cette fille lui a expliqué qu'elle et son mari l'ont prise en stop à Bordeaux et qu'elle leur a affirmé qu'elle vivait à Biarritz. Du coup, Julie a passé un weekend gratos sur la côte à les suivre. Visiblement c'était moitié cool moitié glauque, en somme la vie. Cette histoire tenait pas du tout la route, par moments, je me dis que cette fille a des soucis avec la réalité. Dès qu'elle s'emmerde, elle brode autour de ses histoires pour en faire des trucs improbables. Mais faut dire que tout ça m'a beaucoup fait marré et mis en appétit. J'ai pris une salade royale avec des crevettes et Julie a juste bu des portos et un truc glacé.

En route vers l'espace!

Jules m'expliquait ce que faisaient les astronautes et j'étais persuadé de vivre dans une sitcom américaine douteuse. Petit je voulais pas être astronaute. En plus en France on dit spationaute. C'est ridicule, ça sent l'échec. Même ces fils de putes de russes et leurs cosmonautes sont plus cools que nous. Sans déconner, l'espace vs. le cosmos et mieux, l'astral, c'est merdique. Jules lui il est blondinet, coupe au bol et yeux bleus qui brillent quand il parle de l'espace. Pendant quelques mois sa mère m'a laissé croire que je pouvais être son papa. En fait elle savait qui s'était mais je suis visiblement une bonne épaule. Je lui en veux pas, je pense que ça aurait été débile de pas jouer son va tout sur le coup et puis maintenant j'ai une sorte de dette morale qui me permet d'avoir droit à de la bouffe gratos. Miam. Jules est typiquement le type de gosse qui me casse les couilles, ceux qui ont un avis sur tout et qui pense qu'il vaut le coup. Merde, c'est des putains de gosses, ils savent rien à rien. Je m'en branle de Kourou moi... Sa mère essaie de me caser avec une amie à elle, Julie je crois. Ça fait chier, j'ai déjà une Julie dans mon répertoire et je déteste devoir modifier les noms ou pire rajouter un truc. J'ai ce problème avec les Adrien et les Olivier, j'en connais trop alors je rajoute des choses derrière leur prénom mais à chaque fois que je les appelle je trouve ça ridicule et je me hais un peu plus. Jules veut que je lui envoie des mails et sa mère veut que je vois Julie dans la semaine. J'aurais mieux fait de rester devant Thalassa ce soir.

homme chien

"- C'est impossible de se concentrer si tu gardes ta culotte.
- T'avais pas une réplique plus nulle que ça?
- Je.. euh...
- Non sérieusement "c'est impossible de se concentrer si tu gardes ta culotte... C'est tellement nul, c'est tellement ringard?
- Désolé.
- Ben tu peux l'être... Me touche pas
- Mais
- Mais rien, je sais pas merde, tu te dis pas que je peux vouloir autre chose qu'une réplique ringarde et des mains moites sur les hanches? Non?
- Je sais pas, en même temps je t'ai pas forcé à me suivre
- "Je t'ai pas forcé à me suivre", évidemment, l'argument béton!
- C'est vrai
- "C'est vrai". Pfff. Mais tu m'as vendu autre chose tout à l'heure, autre chose que cette drague cheap. Non mais tu crois que je mouille? Tu crois que je mouille?
- Mais je sais pas, non?
- Ben non! "Je crois que je peux pas me concentrer si tu gardes ta culotte", t'es putain de puceau ou t'es juste un loser?
- Je pense que tu devrais t'en aller.
- Ah non merde! Je me traine jusqu'à chez toi, je prends ce putain de taxi iranien à la con et là tu veux me virer! Non!
- Ok mais là je veux plus trop coucher avec toi...
- Sisisi, tu vas juste arrêter de parler, sourire un peu et puis m'aider à enlever cette putain de robe. Allez! Et s'il te plait: tais toi."

vendredi 20 mars 2009

Première fois

Ludivine vomit dans la chambre à cause de l'alcool et moi je vomis dans les chiottes parce que finalement je me rends compte que j'ai pas tant envie que ça de la baiser. Le stress m'a toujours fait gerber mais là je peux ajouter aussi la vision de sa chatte qui ressemble à une assiette de charcuterie sans les cornichons et puis sa face qui est devenue vraiment moche. Elle a un nez rouge parce qu'il faisait froid dehors et puis des petits vaisseaux rouges au dessus des yeux à force de dégobiller et puis elle sent la crème parce que même bourrée elle a voulu s'hydrater après s'être démaquillée. Elle a gerbé une fois au bar en essayant d'être discrète mais elle sait pas que j'ai une théorie infaillible sur les gens qui vont aux chiottes dans les bars. Si ça dure un morceau, c'est pipi, c'est correct. Deux morceaux, c'est caca ou cocaïne, la face de la personne au retour suffit pour dissiper le doute entre les deux. Trois morceaux et plus c'est vomi ou baise, là, il suffit de voir combien de personnes sortent des chiottes en même temps. Parce que ouais, le coup de sortir en différé marche jamais: je connais aucun gars qui va accepter d'avoir baisé discrètement une meuf dans les chiottes, aucun. Donc Ludivine avait gerbé pendant Louie Louie et I wanna be your dog. Faut vraiment que les mecs qui passent des disques dans ce rade meurent vite, les clichés devraient être mortel pour les dj's. Sur le coup, que Ludivine ait gerbé, je m'en branlais. Elle sentait le savon et le chewing gum et elle est roulée comme un bravo. Elle essayait de se tenir correctement alors que ça devait déjà tourner sévère dans sa tête. Une fois le bar fermé et les deux verres cordiaux accordés par direction j'entrepris de la ramener à la maison pour 1/baiser et 2/dormir. Le trajet fut fatigant pour nous deux: une fois sur ses pattes et livrée à un monde où il n'y a aucun comptoir où s'accouder, Ludivine réalisa que les régimes sous protéinés et les shots de vodka ne font vraiiiiiment pas bon ménage. Si la fatigue était physique pour elle qui consacrait toute son énergie à se stabiliser, elle était mentale pour moi, obligé de me forcer à la désirer encore. Une fois jetée sur le lit, la réalité se mit à tournoyer pour elle. Je ne connais presque rien de plus malaisant qu'une fille saoule essayant d'être sexy. C'est un énorme tunnel de mouvements hasardeux et baisers entrecoupés de haut le coeur sonores. Elle était presque nue et assez réchauffée quand, quelques tripotages plus tard, elle sentit que la salade de carottes était sur le chemin du retour. Mon expérience en matière de vomi m'a permis de lui tendre mon sac de linge à laver au bon moment. J'ai quitté la chambre au son de ses "excuse mbloiaaargh" pour y revenir quand le flot semblait s'être calmé. Encore quelques désolés et je me lance à l'assaut pour en finir. La suite est classique, stressé par l'idée de me forcer à baiser parce que ça la fout mal devant les copains de ramener une fille pour dormir en parrallèle et dégouté par une chatte bien fatiguée sur une fille bien trop saoule, je cours aux toilettes offrir à mes colocs un bien joli duo de vomi, soprano dans la chambre, ténor dans la cuvette. J'aurais espéré mieux pour une première fois.

mardi 17 mars 2009

Les noirs et les rades.

"Radde de merdde" y'a écrit dans les chiottes. Je suis ok mais je pige pas cette manie de mettre plusieurs D. Je suis pas sûr que ce soit une manie non plus. Julie faisait des mots-croisés quand je l'ai rejoint. On a parlé des problèmes à son boulot, moi je lui ai conseillé de voler des sandwichs quand son patron abusait. Le vol c'est cool. Petit il m'est arrivé de voler des pièces, genre 2 francs, à ma soeur quand elle me pétait les couilles. C'était vraiment une vengeance géniale, faire croire qu'on perd mais ramasser de la thune. Les chiottes sont l'endroit le plus vivable de ce rade dégueu. C'est un ancien cabaret, enfin je suppose vu qu'il y a une scène et un piano couvert par un drap et de la poussière. Julie me parle et je me rappelle que mon pénis a déjà été dans sa bouche et que c'était un mois de janvier cool. Après elle parle, elle parle, elle parle, c'est lassant. Je l'écoute plus trop. Puis je suis saoul, on est lundi nuit et je me suis fait une tâche sur le veston. Dépité et en mauvais état, j'abandonne Julie à ses mots-croisés et je rentre chez moi jouer à des jeux vidéos.

Deux jours après un type m'appelle pour le boulot, il me dit voyons nous, je lui dis d'accord et je lui donne l'adresse du rade, aucune idée de pourquoi. On y va, on commande des grosses bières sales et on discute, on se dit blabla site internet, blabla écrire, blabla. Et puis après on se détend un peu et le type me raconte que c'est marrant qu'on se voit ici parce qu'il connaissait cette place de ses années d'ado. Alors je lui dis "tell me more" parce qu'on parle anglais. Et il raconte que ça a été une sorte de boîte à putes mais pas vraiment et que tout le challenge c'était d'y entrer en étant mineur. Le patron était constamment saoul et il laissait pas mal de fois des "amis" à lui aux portes et que eux aussi étaient saoul. C'est ici qu'il a touché ses premiers nichons et il a vomi pas mal dans les chiottes qu'il me raconte. Alors moi je me marre. Après le patron a pété un cable visiblement, il a buté une fille dans une sorte de partouze de poivrots, il l'a étouffé dans un sac plastique. Il s'est dénoncé tout seul le lendemain et visiblement il était devenu un peu taré parce qu'il a baisé la meuf une fois morte alors qu'il pensait qu'elle était juste dans les vaps. Le bar avait fermé mais ce qui est drôle qu'il me dit, c'est que rien n'a vraiment changé. On se serre la poigne et on va dormir après deux ou trois autres verres pendant lesquels on parle surtout de sport.

Un mois plus tard Julie me propose de revenir dans le bar. Je dis ouais tout de suite, normal. On se retrouve au métro d'abord, elle est habillé court avec une robe blanche et bleue et un noeud assorti et un oeil au beurre noir aussi. C'est pas assorti avec la tenue, c'est un client de son boulot qui lui a fait sans faire exprès, il a fait tomber des trucs je crois et en essayant de les ramasser il l'a touché, en fait j'écoutais pas trop, je sais pas, c'est un peu trop l'été pour que je puisse me concentrer. Le bar est en travaux, il est en train d'être repeint et redécoré, le boss nous explique qu'il reste ouvert quand même mais qu'il fait plus à bouffer parce que l'odeur de la peinture faisait dégobiller les clients. On reste et il nous paie le troisième verre. Je lance un peu la discussion sur ce qu'il y avait ici avant et le mec raconte l'anecdote de l'ex-patron et de la meuf avec quelques changements. Pour lui, le mec l'a tué exprès et a fait payer ses potes pour baiser une morte. Après il a fait croire qu'il était fou pour pas faire de prison. Aucun des anciens clients ne vient ici depuis qu'il a donné sa version. Tous les types qui sont censés savoir répètent que l'ancien patron était souvent saoul plusieurs jours de suite et qu'il se souvenait de rien en général mais ça tient pas comme version qu'il nous dit. Je reste circonspect. Il va peindre tout ça plus clair et refaire les chiottes. Je lui dis que c'est un bien et puis on trinque un coup.

Julie m'a dit qu'elle était revenu là bas mais que les prix ont augmenté et que le mec avait embauché un ami pour passer du trip-hop ou de l'ambient, enfin, un truc merdique comme ça, alors bon, ça vaut plus le coup d'y revenir.

Qui est mon éditeur? Tout le monde.

Un bouquin parle de gens qui parlent de bouquins qui parlent de moi. Je suis touché par toute cette attention mais je ne pense pas la mériter. Mon éditeur m'appelle:
"-Sylvrain t'as entendu la nouvelle?
- Laquelle?
- Attends je passe dans un tunnel"
Je chantonne pendant que la communication est coupé, je chantonne un air que j'ai inventé, j'ai une idée cool pour l'enregistrer, je vais d'abord jouer les deux principaux accords avec un max de reverb et de delay puis rajouter le thème principal au synthé et le doubler à la guitare mais en dégueulasse, avec les trucs tous tordus. C'est un thème de surf à la base.
"- Ouais excuse
- Pas de p...
- Donc c'est ça, c'est bien de toi qu'ils vont parler, enfin de toi... Ils citent ton nom
- Ah ouais? Bah c'est cool
- C'est extraordinaire. C'est extraordinaire. C'est très bon pour toi!
- Mais ils diront quoi?
- Je sais pas, on s'en fout
- Ah?
- Ben oui, t'es pas vraiment le sujet, t'es le prétexte.
- Ah?
- Oui.
- Qu'est ce que t'entends par le prétexte?
- Bah c'est ton nom et ton image, tu vois, parce que bon t'es un peu public quoi. Mais c'est bon pour nous ça! Parce que pour la promo ils vont te citer, et bon, on va monter un buzz dessus. Mais le buzz va se monter tout seul aussi, on va coupler tout ça.
- Ah bon?
- Ben oui, les gens vont dire "Qui c'est ce Martret là? Pourquoi il est dans le livre?". Alors nous on va les devancer! Julien a eu l'idée de faire plusieurs sites internet qui vont lancer des rumeurs tu vois. Des sites pour, des sites contre, tu vois on va monter ça, de payer des blogueurs. Et au bout d'un moment on lance l'info sur ton bouquin.
- Ah... Mais c'est bon ça?
- C'est extraordinaire!
- Mais pourquoi il m'a mis dedans je comprends pas...
- On s'en fout
- Mais non, merde, pourquoi un type écrit sur moi?
- Mais non t'es un prétexte. Bon tu m'emmerdes à force, tu devrais être super content!
- Mais ils vont dire quoi sur moi? Enfin toi, tu vas dire quoi?
- Ok, alors si t'es pas foutu de t'enthousiasmer un tout petit peu pour la meilleure nouvelle depuis qu'on t'a signé je vais te laisser tranquille.
- C'est pas ça, c'est juste que je comprends rien à cette histoire, je veux bien être heureux et tout mais j'aimerais comprendre quelque chose...
- C'est ça, c'est ça, je vais te laisser tranquille, mais pendant que tu te branles à Petaouchnok, nous on bosse, nous on se défonce pour la sortie de ton bouquin alors tu pourrais au moins montrer un peu de gratitude.
- Mmm. Ouais, merci
- Ça fait plaisir, on dirait qu'on te déconstipe à la cuillère.
- Merde.
- Bonne soirée Sylvain.
- Ouais. Ouais, salut."
Je déteste fâcher le type qui me donne de l'argent.

samedi 14 mars 2009

Tu n'es venu que parce que c'était gratuit

"- J'ai adoré ton deuxième spectacle, euh, le cul du... euh le cul
- Le denier du cul
- Ouais voilà
- Ouais, c'était sympa. T'as aimé alors? J'ai essayé de faire ça le plus sympa possible, c'était le mot clé, c'était le fil rouge.
- Oui
- Non, j'étais ironique
- Ah oui, ahah oui, j'avais vu
- Non, non tu n'avais pas vu
- Ah... Ahah. Non mai cette histoire là avec cette révolte des ouvriers c'était bien, parce que c'est vrai que bon, les ouvriers ils paient les pots cassés, et ça c'est pas normal. Tu crois pas? Tu crois pas? Moi c'est ce que j'ai aimé dans ta pièce, quand le type qui joue l'ouvrier viré arrive en parlant de ça, d'être traité comme de la merde alors que le patron baise sa femme, sa fille et sa mère en mangeant du porc, ça j'ai aimé. C'est vraiment fort, c'est vraiment un truc pour les ouvriers, pour pas se laisser marcher dessus quoi, c'était vraiment fort comme truc j'ai trouvé.
- C'était pas du tout ça, pfff, c'était des clins d'oeils ça, pfff, merde, c'était pas du premier degré comme ça, c'était pas un spectacle, je faisais pas de la télé sans écran, pfff, je suis pas Patrick Sébastien, je veux dire, merde, c'est une analyse plate ça, c'est juste mémoriel mais pfff
- Non mais j'ai vraiment aimé, c'était vraiment bon.
- Bon? Bon? Pfff mais y'a pas plus fasciste que de dire que c'était "bon". Tu dis que t'as aimé juste pour parler et t'es venu juste parce que c'était gratuit parce que ta soeur t'a invité parce qu'elle même a eu des places gratuites.
- Ahah oui au début oui, mais j'ai aimé, tout ça, le truc du prêtre qui lit ces marxistes là et puis le truc sur l'aliénation et le symbole, là, j'en parlais à Judith hier, Judith c'est ma presque femme, c'est pour juillet, et je lui disais ça, je lui disais que dans cette pièce on comprenait bien le coup du capitalisme et des objets.
- Tu n'as rien compris.
- Si si, enfin la pièce était bien et les acteurs ouaou, la fille là, celle qui faisait la pute qui était en même temps la mère du metteur en scène, ouaou elle était vraiment touchante, j'en parlais à judith hier et je lui disais "ça c'est une actrice". On parlait des actrices.
- Pfff, (détournant la tête) Marie, on peut s'en aller maintenant?"

L'ennui

Je bois du vin tout seul dans mon grand fauteuil. J'ai perdu mon portable hier soir, enfin je crois qu'on me l'a volé, mais c'était pas des noirs ou des arabes qui me l'ont volé parce que hier soir y'avait pas l'ombre d'un noir ou d'un arabe. Je porte pas de jugement là dessus, je veux juste que y'ait pas d'embrouilles là dessus, parce que souvent on dit "je me suis fait voler mon portable" et la personne en face se dit "encore un coup des noirs et des arabes". C'est de l'abus. Ça arrive rarement en vrai, enfin pas plus qu'avec les autres. Mais cette histoire me gâche ma soirée, je bois du vin tout seul dans mon grand fauteuil. Le temps de mon célibat j'aurais du "Chouwabounga", parce que d'une part, j'ai pas le droit de prendre le vrai cri des Tortues Ninja pour cause de Copyright et d'autre part parce que je serais sorti seul boire de la vodka en draguant au bar, probablement des meufs bien roulées. Mais là je dis "ah flute" parce que je dois attendre que ma meuf débauche. C'est l'ennui.

Elle était de quelle couleur la bagnole?

"- Alors c'était jaune?
- Ouais
- Jaune comment?
- Beh jaune
- Jaune poussin?
- Poussin ouais
- Ou moutarde?
- Ouais moutarde
- Poussin ou moutarde
- Jaune quoi, jaune canari, jaune poussin
- Comme un poussin?
- Ouais jaune
- Ça pétait? C'était une couleur vive?
- Jaune poussin c'est vif?
- Ouais c'est vif
- Alors ouais jaune poussin, une BM jaune poussin, vraiment voyante
- Donc je vais maintenant vous relire votre déposition, puis vous repasserez à l'accueil et vous pourrez repartir
- D'accord. Et y'a beaucoup de chances que je recupère mon sac?
- Oh vous savez, le problème c'est que ces choses là se revendent très vite généralement. Mettons qu'on retrouve les agresseurs.
- Oui
- Bon, si on retrouve les types, on fait des perquisitions, normal, mais généralement à ce moment là on trouve jamais rien. Vous savez, votre ordinateur et votre portable, ils vont les revendre et le reste ils vont juste le dumper par là.
- Merde
- Oui je sais. Mais des fois on retrouve
- Souvent?
- Des fois, des fois ça arrive. Des fois ils sont pas organisés. Ça tient à ça. Parce que des gars bien organisés, ils gardent jamais ce qu'ils prennent longtemps. C'est pfiout, pfiout vous voyez. Sinon ils ont des réseaux solides.
- Merde.
- Je suis désolé hein. C'est jamais agréable de se faire voler des choses. C'était important votre ordinateur?
- Ah oui, je travaille dessus, y'avait tout dessus
- Ah ben faut imprimer. Ici on imprime tout vous voyez. Toujours. On imprime et on classe en réel, c'est plus sûr. Et si y'a un feu on a les ordis. Moi je fais plus confiance aux armoires qu'aux ordinateurs vous voyez. Je garde tout là, comme ça hop, si on a besoin on va chercher vous voyez.
- Bon. Je relis et je passe à l'accueil c'est ça?"

jeudi 12 mars 2009

Un type massif

J'étais assez sur mon banc quand il est arrivé le type. Assez grand, assez costaud. Il me dit "Salut, je peux m'assoir?", je lui fais "Ouais". Après il me parle mais je l'écoute pas trop, sauf quand j'entends "astral". Parce que moi je suis passionné par les voyages astraux et le plan astral et toutes ces merdes. Alors je lui dis que j'ai déjà eu une expérience hors corps. Ça c'est passé d'une façon un peu bizarre, en fait quand j'étais petit j'étais hyperactif et mes parents étaient assez cools genre socialistes genre pas de médicaments tout le temps. En fait c'est faux, ma mère était à fond dans les médicaments, genre accro à des tas de trucs, mais du coup pour déculpabiliser, elle faisait tout pour que nous on prenne rien, même quand on était super malades et tout. Donc j'étais super actif et j'allais voir deux personnes pour trouver des solutions: une meuf à Monbazillac et un type dans le centre de Bergerac. La meuf était une sorte d'hippie chrétienne qui me faisait faire une sorte de yoga et le type essayer de ressembler à Freud, genre barbichette, et il me faisait parler de ce que je ressentait en me concentrant sur ma respiration, genre il fallait aspirer en comptant un deux trois quatre, puis retenir en comptant un deux, pui expirer en undeuxtroisquatre puis retenir undeux et ça pendant des séances d'une heure environ. Donc j'étais mal barré dans la vie. Bref, ces trucs de respiration c'était vraiment cool pour s'endormir par contre, j'avais juste à me détendre et ça venait tout seul et je dormais en deux-deux même quand y'avait du bruit dans le salon. Un soir je fais ça, je m'endors, et d'un coup je vois la porte qui s'ouvre doucement, pas de panique c'est Popeye mon petit chat. Moi j'aime ça qu'il dorme avec moi mais ma mère veut pas, parce qu'on sait jamais, peut être que je vais développer une allergie. Alors je lui dit de venir dans mon lit et je lui fais des calins un peu et je vais pour le sortir de ma chambre. Et c'est là que je fais mon voyage astral parce que dès que l'instant où je me lève, ma chambre disparait, elle devient toute noire, je me retourne et mon lit n'est plus là, ni la télévision, ni mon bureau. Il reste la lumière de la porte du salon alors je vais vers là et mon chat n'existe plus et je suis encore en pyjama. Je pousse la porte mais elle a plus de gond alors elle disparait aussi. Je suis au milieu du noir et il reste juste la lumière de la porte entrouverte, sans porte, sans mur, sans salon, sans chambre. Je me dis "je rêve". Bon, j'avais 9 ans, donc je me dis ça en paniquant. Et puis d'un coup je me rends compte que je sens le sol sous mes pieds, ou plutôt je me rappelle qu'avant cet instant j'étais plus sûr de toucher le sol. Là, je suis dans un terrain vague géant, ou une carrière de pierre géante, partout y'a des petits cailloux blancs, des morceaux de calcaire. Et puis j'entends rire à ma droite. Alors je vais vers ma droite et mon chat est revenu à côté de moi et je me dis que c'est surprise sur prise avec Marcel Béliveau. Là je repense que je suis dans un rêve mais c'est plus réel que d'habitude, je me dis à haute voix "si je me voyais dormir ça résoudrait tous les problémes". À ce moment là d'habitude je me réveille dans mes rêves, mais là non. Alors j'ai continué à marcher vers le rire et je suis arrivé dans une sorte de vieux théâtre antique, genre creusé avec des gros bancs en calcaire. Des gens répétaient une pièce très fort. Ça m'intéressait pas trop parce que j'aime pas le théâtre, un peu trop pd comme art je trouve. Donc je repars en arrière et là je vois ma chambre, enfin tous les éléments de ma chambre posés au milieu de la carrière. Et je me vois en train de dormir dans mon lit. Je me dis merde et je cours vers moi. Là je remarque que j'ai le sommeil agité et plus je reprends mon souffle plus je m'apaise. Alors pour déconner je me secoue et je vois que moi qui dort je suis pris de spasmes. Je trouve ça fou. Au moment où j'essaie de me toucher, paf! ça finit et je reste endormi. Je me suis rappelé de ça que le lendemain et je sais que c'était pas juste un rêve. Quand j'ai fini de raconter ça le mec d'à côté se bavait dessus en faisant tourner un bout de bois dans ses mains, en fait c'était un demeuré, je me suis senti un peu bête.

Julie 7h30

Julie me regarde avec des yeux de poissons. "Me regarde pas avec cet air, t'as l'air d'une sombre conne" je lui dis. On a faim et Julie me tape sur les nerfs. Je déteste la plupart des gens quand ils prennent de la drogue, c'est comme si tout ce qui craint chez eux explosait, alors que putain c'est pas difficile de savoir se tenir, même drogué. Julie parle de choses inintéressantes, elle me dit ce qu'elle a vraiment sur le cœur, elle me dit qu'elle est trop heureuse qu'on se soit rencontrés cette année et qu'avec moi tout est facile, qu'on peut parler de tout sans blablalblalb. Elle me gonfle. Pourquoi les gens savent pas se tenir? Pourquoi ils croient être plus libres quand ils vomissent leur inintérêt. Si c'est enfouis c'est que c'est nul connasse. "Oui moi aussi Julie je suis content de t'avoir rencontré cette année" je lui dis. Parce qu'elle est quand même cool la plupart du temps Julie.

mercredi 11 mars 2009

Encore une putain d'arnaque

La batterie de mon ordinateur se vide, j'essaie d'écrire le plus vite possible, je me relis pas, comme ça demain ou plus tard je pourrais voir ce que ça vaut les trucs écrits dans l'instant. En fait c'est une arnaque, j'ai pensé ce texte pendant une demie-heure en me rendant au café et encore quelques minutes le temps de rassembler mon bol de café au lait, mon verre d'eau et de gouter ma soupe pour voir si y'avait assez de sel. C'est encore faux, j'ai pris une tasse de café. La vérité c'est qu'un lecteur sera toujours baisé parce que je dis "je" alors que c'est pas forcément moi et je dis café alors que ça peut être bière. Même pas, si j'ai pris une soupe, j'ai pas le droit de prendre une bière, parce que le Cagibi c'est pas une licence complète et qu'ils doivent vendre à manger en même temps qu'ils vendent à boire et une soupe c'est pas assez consistant. C'est le serveur roux qui me l'a dit, il a ajouté que j'allais peut être trouver ça stupide. J'ai pas trouvé ça stupide. Ma soupe est finie, mon café est fini, mes cafés même, j'en ai repris, mon verre d'eau est moitié fini, j'en ai pris plusieurs aussi mais j'ai gardé le même verre, mon texte est fini aussi.

Une arnaque

La musique est tronqué, j'ai que le début des morceaux mais j'ai pas la fin, alors évidemment je connais pas tous les passages et souvent je rate les ponts. Je sais pas pourquoi, j'ai pas du installer les bons drivers, ou les bons software, ou les bons hardware, je sais pas, je connais rien aux ordinateurs. Moi ce que j'aime c'est les meufs. Les meufs et la bouffe et l'alcool. Mais je suis pas hédoniste. Je pense que les hédonistes sont des connards, genre Carpe Diem et tous ces fils de pute. Non non, moi je veux un absolu, je veux un truc que je poursuis et que j'aurais jamais, je veux pas faire ces petits caprices genre plaisirs immédiats. C'est vraiment un truc d'enculés l'hédonisme, un truc de libéral de droite, ça me fout les glandes. Après j'ai des amis hédonistes mais c'est pas pareil, ce sont mes amis et je les aime. Donc ils ont le droit. Bref, ma musique est tronquée et d'une certaine façon moi aussi je le suis. Il manque toujours ma fin, tout est bon et puis au moment où on s'attend à ce que ça continue, il manque une fin. Je parle pas de cul là hein, en cul, tout va bien maintenant. Je dis "maintenant" parce que ça a pas toujours été le cas, en fait je suis con, j'avais pas pensé à vérifier à chaque putain de fois qu'il fallait que la meuf soit cool et jolie pour que ça marche. C'est con. Non il manque une fin à d'autres de mes trucs. Genre quand j'écris un texte ça tombe toujours à l'eau.

Vie et mort.

Matthieu passe me prendre à vingt heures avec la vieille bagnole de sa mère. Il a mis son blouson en cuir gris informe et une vieille chemise à carreau qui sent la campagne. On va se bourrer la gueule dans un champ, sans aucune raison valable, même pas l'ennui. Il est prévu qu'il y ait des meufs mais avec Matthieu on s'en branle, au village, on a des meufs mille fois mieux que toutes celles qui pourraient sortir des bois ce soir. Ça veut pas dire qu'on va pas draguer et ça veut pas dire qu'il n'y aura pas une érection ou deux. Seulement la clé c'est qu'on n'a pas les crocs, donc est détendu du gland, à l'aise dans nos baskets. J'ai des Alife Everybody en toile de parachute, Matthieu a un truc informe: il s'en branle de son style. Ou plutôt, plus il est pourri, plus il est content. On mange des sandwichs, ah merde non, on s'arrête au Intermarché pour acheter de la bière, de la vodka, du vin et des trucs à manger. On prend pain, fromage et chips, un peu de saucisson et puis une poche de Regal'ad. C'est moi qui veut les bonbons, j'ai une sorte de dépendance aux bonbons, je peux pas passer une soirée sans, c'est vraiment dingue. En plus, c'est nouveau, gosse j'étais plus dans le salé, genre rillettes/fromage. Ça j'ai pas lâché. On mange nos sandwichs dans la bagnole tout en envoyant des textos à des gens qu'on connait pour leur dire de venir nous rejoindre. L'idée est vraiment de glander là bas, la plupart des copains sont oks, c'est l'été, il fait doux et on est peinards. La radio passe du Jean-Jacques Goldman, Envole Moi, une de mes chansons de lui préférée. Merde, les arpèges au synthé c'est du Jésus. Matthieu aime pas, c'est un hippie.

Mon arcade ne saigne plus mais dès que j'y repense et que je me marre ça repart. Matthieu est couché sur la banquette arrière, il a un fou rire aussi. Au bout d'un moment, il finit par se relever et escalade pour s'assoir côté passager. Il gueule comme un demeuré avec une bouteille à la main -il a sauvé le dernier rouge. Son pantalon est plus déchiré que je le pensais, son caleçon dépasse. En chantant une sorte d'improvisation dont le refrain est à peu près "La grosse salope, la grosse pute", il se met debout, tête au travers du toit ouvrant et mime de la baise. On gueule encore un peu. Avant ce soir j'avais vu des filles horrifiées, des gars aussi, mais surtout des filles, mais un tollé général comme ça, c'est une première. Poser sa bite sur la bouche d'une fille moche membre d'un comité Palestine en plein milieu d'une conversation sur Gaza, c'est chapeau l'artiste, c'est le wall of fame direct. Elle le méritait. Tout propos de demeuré devrait être sanctionné par une bite entre les lèvres. Alors évidemment ça a fait des histoires mais c'était nécessaire, sinon on se fait marcher sur les pieds et c'est la merde. Je pense que si y'avait eu que ça on aurait quand même pu rester là bas, mais ce fut pas le cas. Essayer de baiser les petits frères d'Anaïs la bonnasse aussi c'était délicat, mais ça leur fera une leçon: l'alcool dans les champs c'est de la merde, achetez vous plutôt des dictionnaires à l'avenir. Pareil pour ceux qui voulaient fumer de la beuh. Merde, on est en 2009, la beuh c'est tellement vingtième siècle que la renvoyer au vent c'est encore la meilleure chose à faire. C'était drôle comme passe-temps, et même si je saigne un peu je m'en branle. Après une bonne petite douche on va aller dans la boîte à mineures locales, encore une fois pas pour choper mais pour tâter le pouls. On joue ça local, on joue ça vrai. Cette vie est drôle.

lundi 9 mars 2009

Pour aller dans l'est

Comme cette fille qui était super bien sapée dans le bus l'autre jour, jean blanc skinny, Nikes Dunk grises et gros blouson avec des biches dessus. En fait c'était une crackhead de trente/cinquante ans et elle avait surement que ça comme habits depuis 1994, ironique hein. Les gens dans le bus sont souvent moches. Et le métro est irrespirable trop chauffé et trop poussiéreux. Les filles du bus sont jolies des fois aussi, elles sont mélancoliques je crois, elles regardent par la fenêtre et pensent à la télévision qu'elles vont regarder en arrivant chez elles. Des fois je me dis que je vais les raccompagner. Une fois, une des filles du bus est venue me donner son adresse msn, elle était super bonne et j'avais un polo Lacoste. Mais après elle avait 16 ans et je voulais pas d'emmerdes (d'autant que c'est galère pour baiser des mineures et pour quel résultat?). Je prends souvent le bus, une ou deux fois par jour, je sais que des gens le prennent encore plus souvent.

jeudi 26 février 2009

Une bonne semaine.

La fille s'appelle Caroline, elle a déjà pété une dent à une fille qui l'avait appelé "Caro", elle déteste les surnoms comme ça. Elle arrive en courant quand on débarque du bus, elle est super contente de nous voir enfin en vrai, nous aussi. Elle va nous montrer la ville, tourisme le jour et puis sorties la nuit, ça bouge beaucoup ici visiblement. Elle nous demande si on est plutôt rock ou électro, on répond on est les deux, je rajoute "mais pas de musiques du monde", elle dit "ok" en riant alors que c'était pas du tout drôle. D'abord, on va aller manger des crêpes si on a faim. On a faim? Oh oui, on a faim, le voyage était interminable et puis le bus vraiment inconfortable, alors des crêpes ça sera parfait. On tire nos valises jusqu'à sa Toyota, et on part. Elle va faire un tout petit détour pour qu'on voit un joli panorama, on est ok. C'est joli. En roulant on apprend à mieux se connaitre, elle nous explique que pendant la semaine on pourra dormir dans le sous-sol, sauf le premier soir où on dormira dans sa chambre parce que ses colocs hébergent des gens. De cequ'elle en dit, ses colocs ont l'air supers, genre artistes, genre drôles. Ils se sont rencontrés aux Beaux-Arts, y'en a qu'un qui a continué. Maintenant elle fait du cinéma, enfin de la vidéo, elle a des projets, des clips, des trucs pour des magazines en ligne mais pas des webzines. Elle a un agenda surchargé ces temps-ci. On lui dit désolé de prendre de son temps et elle rit en disant que non au contraire, ça va être la meilleure partie de sa semaine, alors on est rassurés. Une fois arrivés à l'endroit où on va manger, on l'aide à faire un créneau difficile, on se fait des blagues et elle redit "je sens que cette semaine va vraiment être cool avec vous les gars". Les crêpes sont bonnes. Caroline sourit tout le temps, elle a l'air heureuse qu'on mange bien, elle nous remet d'office du sirop sur les crêpes, c'est sympa. Le soir on la baise à tour de rôle, c'est sympa aussi. Une bonne semaine.

Mensonge

J'ai passé la journée à la bibliothèque. Non c'est faux.